Politique RDC : le gouvernement amorce la phase de cartographie du deuxième recensement général de la population
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RDC : le gouvernement amorce la phase de cartographie du deuxième recensement général de la population

La Première ministre Judith Suminwa a procédé au lancement des travaux de cartographie du deuxième recensement national de la population. © Cellcom Primature
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 18 AVRIL 2025 - 11:13 WAT · 4 min de lecture

La République démocratique du Congo a officiellement lancé, jeudi 17 avril, les travaux de cartographie du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2). La cérémonie y relative, présidée par la Première ministre Judith Suminwa, marque une avancée significative dans la quête de données statistiques fiables, 41 ans après le premier recensement, réalisé en 1984.

Dans son discours prononcé à l’occasion, devant les agents formés pour l’opération, la cheffe de l’exécutif a indiqué que ce recensement figure parmi les priorités stratégiques du gouvernement congolais, conformément à la vision du président Félix Tshisekedi, consistant à offrir aux Congolais un pays disposant des données numériques crédibles et actualisées sur les effectifs et les conditions de vie des populations.

Rassurant que cette démarche va au-delà d’un simple exercice administratif, Judith Suminwa a affirmé qu’il s’agit bien d’un levier essentiel pour piloter le développement du pays.

« C’est le recensement qui fournit les données de n’importe quelle unité géographique, jusqu’à la plus petite. Et ces données, le gouvernement en a besoin pour une meilleure planification de ses actions », a-t-elle insisté.

La Première ministre n’a pas éludé les réalités sécuritaires, notamment la présence des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda dans l’est du pays. Néanmoins, elle s’est voulue rassurante sur la volonté de l’État de mener à bien cette mission. « En dépit de l’agression injuste dont notre pays est victime, le gouvernement reste déterminé à mettre en œuvre son programme d’action… Cette détermination demeure sans faille ».

Les travaux de cartographie, première étape technique du recensement, permettront de diviser le territoire en zones de dénombrement, qui serviront de base pour la collecte des données. Cette opération se déroulera en deux temps : une phase pilote dans trois sites (Kasa-Vubu, Bulungu dans le Kwilu, et Tshikapa dans le Kasaï), avant une extension nationale prévue dès juillet.

À la différence du recensement de 1984, l’ensemble des opérations se fera désormais de manière numérique, ce qui promet une collecte plus rapide, plus fiable et mieux structurée. Outre les données démographiques, cette cartographie inclura également des informations sur les infrastructures sociales, économiques et sanitaires, enrichissant ainsi la base de données nationale.

Un enjeu crucial pour le développement

Pour Elysée Chovu Alima, directrice générale de l’Institut national de la statistique (INS), le lancement du RGPH2 représente une avancée symbolique mais cruciale pour l’étape préparatoire du recensement général de la population et de l’habitat.

« Cette date du 17 avril 2025 entre dans les annales de l’Institut national de la statistique et du Système statistique national, qui a longtemps souffert de la carence de statistiques fiables et actuelles. Ces dernières sont pourtant indispensables pour servir de référence à d’autres enquêtes d’envergure nationale, nécessaires à la planification du développement à la base, mais aussi à une meilleure compréhension des phénomènes d’ordre démographique, social et économique », a-t-elle déclaré.

Cérémonie de lancement des travaux de cartographie du 2è recensement général de la population. Terrain Assossa – Kasa-vubu/Kinshasa. ©Cellcom Primature

La directrice de l’INS a par ailleurs pointé l’insuffisance de la base de sondage actuelle, entravant la production de données officielles. « Le système statistique national souffre d’un manque criant de données de base. Ce recensement vient donc combler un vide essentiel pour la planification du développement, tant pour les autorités publiques que pour le secteur privé », a-t-elle précisé.

Clôturant son discours, la Première ministre a lancé un appel à la mobilisation générale. Elle a invité les partenaires techniques et financiers, les responsables locaux ainsi que l’ensemble de la population à s’approprier pleinement ce processus.

F. ISSA

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