RDC : le gouvernement salue la reconnaissance du génocide congolais et réaffirme son engagement pour la justice
RDC : le gouvernement salue la reconnaissance du génocide congolais et réaffirme son engagement pour la justice
AFP
La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a reçu, ce lundi 10 novembre, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, accompagné des membres de la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR), ainsi que de la délégation du Fonds national des réparations des victimes sexuelles liées aux conflits (FONAREV).
Selon la cellule de communication de la Primature, cette rencontre visait à présenter à la Cheffe du Gouvernement les résolutions adoptées à l’issue de la 85ᵉ session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), tenue à Banjul, en Gambie, du 17 au 19 octobre 2025. La restitution a également porté sur les conclusions du Forum des ONG organisé en marge de cette session.
Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a indiqué que la Commission africaine a fermement condamné les violations graves et massives des droits humains, ainsi que les crimes internationaux, notamment le génocide commis sur le sol congolais par des acteurs étatiques et non étatiques impliqués dans les conflits qui ravagent l’Est du pays depuis plusieurs années.
De son côté, le Forum des ONG a reconnu et condamné les actes de génocide perpétrés contre certaines communautés congolaises lors des conflits armés. Il a appelé le Gouvernement congolais à créer, en collaboration avec l’Union africaine et les Nations Unies, une juridiction spéciale pour juger les auteurs de ces crimes, tout en renforçant la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI).
La Première ministre, Judith Suminwa, a salué cette reconnaissance historique et reçu officiellement les documents de la résolution, réaffirmant la volonté du Gouvernement de poursuivre la voie de la vérité, de la justice et de la réparation au bénéfice des victimes. Elle a également insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes institutionnelles et judiciaires afin de garantir que de tels crimes ne restent pas impunis et que les victimes obtiennent réparation conformément au droit international.

Pour rappel, la Commission africaine a exprimé sa vive préoccupation face à la détérioration de la situation sécuritaire en RDC et à ses conséquences humanitaires dramatiques : plus de 9.000 personnes tuées, près de 700.000 réfugiés au Burundi et en Ouganda, plus de 7 millions de déplacés internes, ainsi que 11.444 victimes de violences basées sur le genre recensées au Sud-Kivu.
Cette reconnaissance du génocide congolais par des instances africaines constitue une étape majeure dans la quête de justice et de mémoire pour les millions de Congolais touchés par les violences des dernières décennies.
Bernard MPOYI