BTP & Infrastructures RN2 : 80 km asphaltés promis d’ici décembre, vingt mois après le lancement des travaux

RN2 : 80 km asphaltés promis d’ici décembre, vingt mois après le lancement des travaux

Une vingtaine de kilomètres asphaltés en vingt mois sur le tronçon Mbuji-Mayi-Kabinda, soixante promis en quatre. Ce que ce rapport suppose, et pourquoi il n'est pas hors d'atteinte.

RN2 : 80 km asphaltés promis d’ici décembre, vingt mois après le lancement des travaux
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 31 AOÛT 2026 - 14:42 WAT · 4 min de lecture

Vingt mois séparent le lancement des travaux de la RN2 à Mbuji-Mayi du point d’étape présenté ce dimanche 30 août au président Félix Tshisekedi. Sur le tronçon Mbuji-Mayi-Kabinda, long de 145,5 kilomètres et découpé en deux lots, près de 10 kilomètres ont été asphaltés par lot, soit une vingtaine au total, et 50 kilomètres ont été ouverts.

Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a annoncé au chef de l’État que 80 kilomètres seraient asphaltés en deux fois deux voies d’ici décembre. Le président s’est imprégné, à cette occasion, de l’évolution des projets de connectivité du Grand Kasaï : la RN42, la RN1, la RN2, la traversée de Mbuji-Mayi et la route Bena Kazadi-Ndomba.

Vingt kilomètres en vingt mois, soixante promis en quatre

Le calcul mérite d’être posé, parce qu’il conditionne la promesse. Les travaux de modernisation de la RN2 ont été lancés par Félix Tshisekedi le 28 décembre 2024 à Mbuji-Mayi. Six cent dix jours séparent ce lancement du point d’étape de dimanche. Une vingtaine de kilomètres asphaltés sur cette durée donne une moyenne d’environ 33 mètres par jour.

Atteindre 80 kilomètres d’ici décembre suppose d’en asphalter 60 de plus. Selon que l’échéance vise le début ou la fin du mois, cela représente entre 490 et 650 mètres par jour. Soit un rythme quinze à vingt fois supérieur à la moyenne des vingt mois écoulés.

Ce rapport n’est pas absurde pour autant, et il faut le dire. Un chantier routier ne progresse pas linéairement : l’ouverture de la plateforme, les terrassements et les ouvrages d’art précèdent le revêtement, et consomment l’essentiel du temps. Les 50 kilomètres déjà ouverts signifient que la plateforme existe sur plus d’un tiers du tronçon, ce qui rend le bitumage mécaniquement plus rapide. La question n’est donc pas de savoir si l’accélération est possible, mais si elle est financée et si les moyens sont déjà sur place.

Un tronçon dans un programme de 1 180 kilomètres

Les 145,5 kilomètres de Mbuji-Mayi-Kabinda ne sont qu’un segment. Le lancement de décembre 2024 portait sur un tronçon de 280 kilomètres, comprenant l’axe Mbuji-Mayi-Kabinda-Mbanga, lui-même inscrit dans le Projet d’appui à la connectivité et au transport.

Ce programme vise le bitumage des axes Mbuji-Mayi-Kabinda-Kasongo-Bukavu et Kanyabayonga-Butembo, sur une longueur totale de 1 180 kilomètres, pour un coût global annoncé de 1,5 milliard de dollars. Il prévoit la pose de fourreaux de fibre optique en même temps que la construction de la route, de sorte que la connectivité soit à la fois routière et numérique.

À l’échelle nationale, le ministre indiquait en juin que près de 8 000 kilomètres de routes étaient en construction ou en réhabilitation, pour un objectif de plus de 23 000 kilomètres.

Le Grand Kasaï, plusieurs chantiers en parallèle

Le point d’étape de dimanche couvre un espace où plusieurs opérations avancent en même temps. Sur la route Kananga-Kalamba Mbuji, 50 kilomètres ont été revêtus et 180 entretenus jusqu’à la frontière angolaise. L’Union européenne a par ailleurs engagé 200 millions d’euros pour la route Kananga-Kamuesha, et Sicomines finance des routes d’interconnexion provinciale dans l’espace Kasaï.

L’enjeu de ces chantiers se mesure aussi à leur absence. Sur la RN1, treize personnes ont péri dans le renversement d’un camion près de Kananga, et sept autres à Bukanga-Lonzo, sur une portion que ses bailleurs disent réhabilitée.

Quatre éléments manquent pour suivre l’exécution de la promesse de décembre. Le coût du tronçon Mbuji-Mayi-Kabinda n’a pas été communiqué, non plus que le nom des entreprises attributaires des deux lots. Aucune date d’achèvement n’a été donnée pour les 145,5 kilomètres, ni aucun calendrier pour les 65,5 kilomètres qui resteront à asphalter après décembre.

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B
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