RDC : Shé Okitindu défend la révision de la Constitution
she okitundu
AFP
Les déclarations de Shé Okitindu à l’endroit de Martin Fayulu continuent d’alimenter un débat politique intense en République démocratique du Congo. « J’ai été au gouvernement avec Joseph Kabila et je connais des réalités que beaucoup de ceux qui s’opposent à la révision de cette Constitution ignorent. Celle-ci n’est pas notre œuvre, elle nous a été imposée. Sa révision mettra fin à l’influence des Mille Collines sur notre politique », a-t-il lancé ce lundi 16 mars relançant un débat déjà profond sur l’opportunité d’une révision ou d’un changement de la loi fondamentale promulguée en 2006 sous Joseph Kabila.
Figure emblématique de l’opposition et président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), Martin Fayulu avait récemment réagi rejetant toute initiative de révision qu’il considère comme une menace pour la stabilité démocratique du pays.
Lors d’un meeting politique ténu à Kinshasa dimanche 15 mars, l’opposant Fayulu a averti : « Celui qui osera toucher à la Constitution verra le peuple et moi sur son chemin. Et moi, Fayulu, je serai devant, en tant que commandant du peuple. » Pour lui, le débat sur le changement constitutionnel est inopportun au regard des défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays et des priorités socio-économiques qui préoccupent la population.
L’opposant estime que toute tentative de modification du texte fondamental sans consensus national risque de raviver des tensions politiques majeures. Il rappelle que la Constitution actuelle constitue, selon lui, le socle de l’alternance et de la stabilité institutionnelle, et appelle la population à demeurer vigilante face à ce qu’il qualifie de « manœuvres politiques ».
Du côté de la majorité parlementaire regroupée au sein de l’Union sacrée de la nation, le débat suscite également des positions contrastées. Certains cadres estiment que la Constitution de 2006 ne répond plus aux réalités institutionnelles et sécuritaires actuelles de la RDC et qu’une révision permettrait d’adapter les institutions aux défis contemporains. D’autres voix, au sein même de cette plateforme, appellent à la prudence afin d’éviter une fracture politique et sociale.
Le professeur et député national André Mbata, membre de l’Union sacrée, s’est déjà illustré dans le passé par des prises de position juridiques fermes sur la question constitutionnelle, insistant sur le respect strict des procédures prévues par la loi fondamentale et sur la nécessité d’un large consensus avant toute réforme majeure.
Dans l’opinion publique, les avis demeurent partagés. Si certains Congolais considèrent qu’une mise à jour de la Constitution pourrait renforcer l’efficacité institutionnelle, d’autres redoutent qu’un tel processus n’ouvre la voie à des modifications sensibles, notamment en ce qui concerne l’équilibre des pouvoirs et les garanties démocratiques.
Gilbert N.
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