RDC: « Sous prétexte de prévenir un nouveau génocide, les RDF-M23 ont tué 102 Hutus congolais à Kisheshe, un groupe que le régime rwandais cherche à venger » ( Livre Blanc)
RDC: « Sous prétexte de prévenir un nouveau génocide, les RDF-M23 ont tué 102 Hutus congolais à Kisheshe, un groupe que le régime rwandais cherche à venger » ( Livre Blanc)
AFP
Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a publié un Livre Blanc répertoriant des crimes commis par le Rwanda sous couvert du mouvement terroriste du M23 durant la période de novembre 2021 à décembre 2022, dans l’Est du pays.
Dans l’objectif de vulgariser son contenu, POLITICO.CD a lancé depuis ce lundi 19 décembre, une édition spéciale à ce sujet. Dans ce numéro, POLITICO.CD revient sur le point relatif au crime de génocide par tueries ciblées commis par le tandem M23-RDF dans la province du Nord-Kivu.
A la lumière de l’article II de la Convention de l’ONU pour la prévention et la répression du crime de génocide, le crime de génocide par tueries ciblées est défini comme notamment le meurtre de membres d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux commis dans l’intention de le détruire en tout ou en partie.
D’après le gouvernement congolais, le Rwanda, à travers ses forces armées et en soutien aux terroristes du M23 s’est comporté en génocidaire sur le sol congolais en procédant entre le 29 et le 30 novembre 2022 aux tueries ciblées de membres des tribus ou ethnies bien identifiées situés au village de Kishishe.
En terme du bilan chiffré, le gouvernement de la RDC renseigne dans ce livre que les RDF et les M23 ont d’abord tué plus de 102 Hutus congolais, ce groupe que le régime rwandais cherche à venger à tout prix sous prétexte de prévenir un nouveau génocide dans son pays.
« En effet, on ne peut pas réparer un génocide par un autre sur les innocents juste à cause de leur appartenance à une ethnie », regrette le gouvernement de la RDC.
De plus, les autorités congolaises citent également les meurtres de 95 Nandes et de 30 Hundes. A les en croire, « ces paisibles groupes ethniques congolais qui n’ont rien fait et qui auront perdu les leurs tout simplement à cause de leur cohabitation avec les Hutus, cibles jurées du régime de Kigali ».
Au regard de ce qui précède, Kinshasa est convaincu qu’il ne fait plus aucun doute sur la commission des actes de génocide sur le territoire congolais.
Les déplacements massifs constitutifs d’un génocide tenté par le nettoyage ethnique
Le gouvernement congolais dit avoir dénombré plusieurs cas de déplacements massifs des populations congolaises bien ciblées, ce qu’il qualifie d’une forme de génocide par le nettoyage qui a été commis sur le territoire congolais du fait des déplacements massifs que l’agression rwandaise a intentionnellement provoqué.
Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) cité dans ce document publié la semaine dernière, depuis début août 2022, près de 20.000 personnes déplacées sont arrivées à Rubare et Rutshuru Centre, en fuyant les zones d’affrontements entre les FARDC, d’une part, et les forces rwandaises et le M23, d’autre part.
Ces affrontements dans le territoire de Rutshuru ont aussi impacté négativement la protection des civils dans les groupements de Jomba, Bussanza, Bweza, Rugari et Kisigari, soit près de 210.000 personnes, dont 170.000 personnes déplacées et 10.335 retournées de Rutshuru et 14.420 personnes déplacées et 20.785 retournées de Nyiragongo.
Au total, plus de 60% de personnes déplacées vivent dans des familles d’accueil tandis que le reste a été placé dans des cités et centres d’hébergement collectifs (églises, écoles et autres lieux d’hébergement collectifs).
Prenant en particulier le cas de plus 25 000 personnes toutes de nationalité congolaise et d’une ethnie localement identifiée qui sont forcées à fuir leurs villages par l’occupation de Bunagana, la RDC en conclut à un génocide congolais en cours dans sa partie Est.
Selon l’UNICEF, environ 41.000 enfants déplacés âgés de 3 ans à 17 ans ne vont actuellement pas à l’école et près de 29.000 autres sont privés d’éducation, car leurs écoles sont occupées par les personnes déplacées. « On estime que 652 enfants ont été séparés de leurs parents ou gardiens depuis mars 2022 », rapporte ce livre.
Dans ce rapport, l’UNICEF condamnait « fermement » la perte de vies innocentes dans cette escalade de la violence au Nord-Kivu et appelait en même temps à la protection des enfants.
« Les enfants et les familles qui fuient cette terrifiante escalade de la violence au Nord-Kivu ont besoin de sécurité, d’un abri, de nourriture et d’eau. Les enfants sont traumatisés par la violence dont ils sont témoins et ont besoin des soins psychosociaux », avait déclaré Jean Me- tenier, Coordinateur de l’UNICEF pour l’est de la RDC.
Le premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde estime que la communauté internationale devrait prendre acte de la réalité de cette agression et agir en vue de préserver la paix et la sécurité dans la sous-région car, a-t-il soutenu « cette énième agression rwandaise viole manifestement les principes fondamentaux régissant les relations internationales contemporaines, dont le respect de l’intégrité territoriale des Etats, la non-ingérence dans leurs affaires intérieures et l’interdiction faite aux Etats de recourir à la force dans leurs relations mutuelles ».
Il faut dire que l’objectif poursuivi par cet ouvrage est de démontrer principalement le caractère avéré de l’agression rwandaise en cours sous toutes ses formes à partir des faits évidents établissant l’implication et la responsabilité internationale du Rwanda.
Carmel NDEO

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