Justice Denise Dusauchoy arrêtée en Tanzanie : ce que ce mandat dit du tour de vis numérique
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Denise Dusauchoy arrêtée en Tanzanie : ce que ce mandat dit du tour de vis numérique

Interpellée le 30 août sous mandat du parquet de Kinshasa-Gombe. Là où le signalement de comptes à TikTok reste sans réponse, le mandat d'arrêt international, lui, produit un effet.

Denise Dusauchoy arrêtée en Tanzanie : ce que ce mandat dit du tour de vis numérique
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 1 SEPTEMBRE 2026 - 13:43 WAT · 3 min de lecture

Denise Mukendi Dusauchoy a été arrêtée en Tanzanie le 30 août, sous mandat d’arrêt international émis par le parquet de grande instance de Kinshasa-Gombe. L’information a été rapportée par Radio Okapi, et le ministère de la Justice l’a confirmée dans un communiqué publié le 1er septembre.

Le ministère y a joint un rappel qui mérite d’être cité tel quel : l’arrestation « constitue un acte de procédure et ne préjuge pas de la culpabilité », et l’intéressée « demeure bénéficiaire de la présomption d’innocence ».

Deux dossiers, deux pays, une même personne

Le parcours judiciaire de cette influenceuse congolaise se lit sur deux registres distincts. En septembre 2024, le ministre de la Justice de l’époque avait donné injonction au procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe d’ouvrir une instruction sur des propos qu’elle avait tenus concernant l’opposant Jacky Ndala. Elle a par la suite été poursuivie à Kinshasa pour faux bruits, faux en écritures et injures publiques.

En juillet 2026, dans une affaire sans rapport, la cour d’appel de Liège l’a condamnée par défaut à trois ans de prison ferme pour non-présentation d’enfant, une décision contre laquelle elle peut encore faire opposition. Les deux procédures ne se confondent pas, et le mandat qui a conduit à son interpellation en Tanzanie émane de la justice congolaise.

Un tour de vis numérique qui prend de la portée

Cette arrestation intervient dans une séquence où l’État congolais renforce ses instruments contre la parole en ligne. Le parquet général a ordonné en août la poursuite d’office des infractions commises sur les réseaux sociaux, sur la base de l’article 360 du code du numérique, qui punit notamment la diffusion de propos injurieux ou de nature à troubler l’ordre public.

Le gouvernement bute cependant sur la coopération des plateformes. Le Conseil des ministres a été informé que 2 000 comptes ont été signalés à TikTok sans réponse, et une task force sur l’espace informationnel est en préparation.

C’est là que l’affaire prend une dimension qui dépasse la personne visée. Là où le signalement d’un compte dépend du bon vouloir d’une entreprise étrangère, le mandat d’arrêt international, lui, produit un effet : une interpellation à l’étranger. L’État a donc obtenu par la voie judiciaire classique ce que la voie administrative ne lui donne pas.

Ce qu’une extradition suppose

Une interpellation n’est pas une remise. Le transfert d’une personne détenue en Tanzanie vers la RDC suppose une procédure d’extradition conduite par les autorités tanzaniennes, qui vérifient notamment la double incrimination et la nature des faits reprochés. Une infraction de presse ou d’opinion n’ouvre pas les mêmes droits qu’une infraction de droit commun.

Quatre éléments manquent pour suivre ce dossier. Les chefs d’accusation retenus dans le mandat d’arrêt international n’ont pas été rendus publics. La ville où l’arrestation a eu lieu n’est pas précisée. L’état de la procédure d’extradition n’a pas été communiqué. Et rien n’indique si la personne interpellée dispose d’un conseil sur place.

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B
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