Politique RDC: tollé après l’arrestation du journaliste Stanis Bujakera
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RDC: tollé après l’arrestation du journaliste Stanis Bujakera

RDC: tollé après l’arrestation du journaliste Stanis Bujakera
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 SEPTEMBRE 2023 - 09:25 WAT · 4 min de lecture

Le journaliste Stanis Bujakera, correspondant du Magazine Jeune Afrique, Reuters et directeur de publication adjoint du média congolais ACTUALITE.CD a passé sa première nuit en détention à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Il a été interpellé vendredi, à l’aéroport international de Nd’jili alors qu’il voulait prendre son vol pour Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga.

« Stanis Bujakera, directeur de publication adjoint de ACTUALITE.CD, a été empêché de voyager ce vendredi soir à l’aéroport de Ndjili. Le journaliste s’apprêtait à se rendre à Lubumbashi quand il a été arrêté par deux personnes se présentant comme agents de la police judiciaire. Selon les premières informations, il a été conduit à l’inspection générale de la police », a indiqué ACTUALITE.CD qui condamne fermement la pression indue exercée sur les professionnels des médias et demande sa libération immédiate.

Quelques heures seulement après son arrestation pour des raisons inconnues, les voix se sont levées pour dénoncer la restriction de la liberté d’expression à trois mois des élections générales en République démocratique du Congo.

La coalition LAMUKA, une plateforme de l’opposition coordonnée par le candidat à la présidentielle de 2018, Martin Fayulu, accuse le régime en place de persécuter les professionnels des médias, « messagers de la vérité ».

De son côté, le député national Claudel Lubaya a qualifié cette arrestation d’une « intimidation de trop » et une menace à la liberté d’expression démocratique.

« L’arrestation du journaliste Stanis Bujakera, une des rares sources indépendantes d’une information fiable dans un paysage médiatique en perpétuelle évolution est une menace à la liberté d’expression démocratique et une intimidation de trop à l’approche des élections. J’en appelle à sa libération immédiate », a pesté l’élu de Kananga.

S’inscrivant dans la même perspective, le
patron de POLITICO.CD, Litsani Choukran a quant lui souligné que les autorités doivent trouver meilleur moyen que des arrestations « arbitraires et inutiles » pour motifs de leurs enquêtes.

« Aucune enquête au monde ne peut aboutir avec l’arrestation d’un journaliste. Déjà qu’il ne peut en aucun cas divulguer sa source. Ensuite, il est toujours coopératif. Dès lors, toute arrestation de journaliste est perçue comme une mesure d’intimidation qui ne saurait être acceptée ni hier, ni aujourd’hui, ni demain. Notre frère Stanis Bujakera doit être libéré. Les autorités doivent trouver meilleur moyen que des arrestations arbitraires et inutiles pour mener leurs enquêtes », a-t-il lancé.

Dans la foulée, Human Rights Watch (HRW) a condamné cette énième « atteinte à la liberté » de la presse en République démocratique du Congo et demandé la libération immédiate du directeur de publication adjoint de ACTUALITE.CD placé en détention à Kinshasa. « Le journalisme n’est pas un crime », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal de cette structure en RDC.

Le journaliste Stanis Bujakera avait déjà été victime d’une plainte d’un membre du gouvernement de la RDC pour avoir relayé fidèlement un extrait du compte rendu d’une des réunions du Conseil des ministres. Le ministre Gilbert Kabanda l’accusait d’avoir répandu de « faux bruits » sur twitter le 5 mars.

L’Association des Médias d’Information en Ligne de la République Démocratique du Congo (MILRDC) avait vigoureusement dénoncé une tentative de vouloir « intimider et museler » un journaliste professionnel.

« En effet, les propos du ministre de la Défense tels que repris dans le tweet du journaliste, n’ont été ni altérés ni dénaturés. Au contraire, ils ont été repris fidèlement d’après le compte-rendu du gouvernement duquel le journaliste a puisé son information », précisait cette structure.

La plainte déposée à l’auditorat militaire contre le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala avait été finalement retirée après l’intervention du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

Carmel NDEO

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