Politique RDC : un rapport de l’ONU accuse Kigali de soutien militaire décisif au M23 lors de la prise de Goma et Bukavu
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RDC : un rapport de l’ONU accuse Kigali de soutien militaire décisif au M23 lors de la prise de Goma et Bukavu

Un véhicule transportant des militaires dans la ville de Goma au Nord-Kivu. Ph.droits tiers
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 2 JUILLET 2025 - 14:31 WAT · 3 min de lecture

Une nouvelle fois, le Rwanda est directement pointé du doigt par les Nations Unies pour son rôle présumé dans l’aggravation de l’instabilité à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Un rapport confidentiel du groupe d’experts de l’ONU, consulté par l’agence Reuters, révèle des éléments accablants sur le soutien militaire et logistique apporté par Kigali aux rebelles du M23, notamment lors de la récente prise des villes stratégiques de Goma (Nord-Kivu) et Bukavu (Sud-Kivu).

Selon ce rapport transmis en mai 2025 au Comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU pour la RDC, le Rwanda aurait non seulement fourni des armes et du matériel militaire au M23, mais aurait également permis aux rebelles de bénéficier de formations spécialisées dans des installations militaires situées sur son territoire, notamment à Gabiro, Nasho et Gako. Ces formations comprendraient, entre autres, l’utilisation de systèmes technologiques avancés destinés à neutraliser les capacités aériennes de l’armée congolaise (FARDC), donnant ainsi au M23 un avantage stratégique majeur.

Le rapport onusien précise que des unités rwandaises auraient été directement déployées sur le sol congolais, en soutien aux offensives du M23, notamment lors de la prise de Goma et Bukavu en janvier et février derniers. Ces révélations renforcent les accusations portées par plusieurs chancelleries occidentales et par Kinshasa, qui dénoncent depuis des mois une agression dissimulée du Rwanda sous couvert de lutte contre les groupes armés.

De son côté, le gouvernement rwandais rejette catégoriquement ces accusations, affirmant que ses actions visent à se prémunir contre la menace persistante que représenteraient les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), un groupe armé composé notamment d’ex-miliciens impliqués dans le génocide de 1994.

Pourtant, les experts de l’ONU jugent cet argument insuffisant. Le rapport affirme que les opérations de Kigali vont au-delà de la lutte contre les FDLR, et qu’elles viseraient principalement à étendre son influence territoriale à l’Est du Congo, notamment en appuyant une coalition rebelle dominée par le M23.

La publication prochaine de ce rapport pourrait raviver les tensions déjà vives entre Kinshasa et Kigali, et mettre la pression sur les instances internationales pour qu’elles passent à l’action face à ce que de nombreux analystes décrivent comme une escalade régionale orchestrée.

Bernard Mpoyi

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