Remaniement en RDC : les gagnants, les perdants et les exclus du nouveau gouvernement
Le remaniement ministériel du 7 août 2025 en RDC n’a pas seulement redéfini les postes : il a révélé les rapports de force au sein de l’exécutif. Entre départs inattendus, rétrogradations politiques et promotions stratégiques, le gouvernement Suminwa version 2 affiche une nouvelle configuration sans réduire sa taille. Qui a gagné du poids ? Qui a perdu sa place ? Analyse complète des mouvements.
Remaniement en RDC : les gagnants, les perdants et les exclus du nouveau gouvernement
AFP
Le 7 août dernier, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a procédé à un important remaniement ministériel, confirmant Judith Suminwa Tuluka au poste de Première ministre, mais recomposant largement son équipe. Contrairement à l’intention initialement affichée d’un “resserrement” du gouvernement, le nouvel exécutif compte désormais 53 membres, contre 52 dans la précédente équipe formée en 2024.
Ce léger élargissement s’accompagne d’une recomposition significative : plusieurs ministres sont sortis du gouvernement, certains ont changé de portefeuille, d’autres ont été promus ou rétrogradés.
La structure du gouvernement reste identique dans sa répartition hiérarchique : six vice-premiers ministres, treize ministres d’État, vingt-quatre ministres, cinq ministres délégués et cinq vice-ministres. Cependant, alors que le gouvernement Suminwa comptait 52 membres, le nouveau en compte 53. Cette augmentation contredit donc l’idée de réduction, pourtant annoncée dans la communication de la présidence.
Les ministres qui quittent le gouvernement
15 personnalités ayant occupé des fonctions ministérielles ou équivalentes dans le précédent exécutif ne figurent plus dans le nouveau cabinet. Il s’agit notamment de :
- Teddy Lwamba Moba (Eau)
- Kizito Kapinga Mulume (Mines)
- Ephraim Akuakua (Emploi et Travail)
- Chantal Mwadiamvita (Droits humains)
- Gilbert Kabanda (Recherche scientifique)
- Nathalie-Aziza Munana (Action sociale)
- Léonnie Kandolo (Genre, Famille et Enfants)
- Didier Mpambia Musanga (Tourisme)
S’ajoutent également deux ministres délégués sortants : Bestine Kazadi (coopération internationale) et Didier Tenge Te Litho (politique de la ville), ainsi que cinq vice-ministres : Grace Yamba (Affaires étrangères), Samy Adubango (Défense), Jean-Pierre Kezamudro (Nouvelle citoyenneté), Godard Motemona (Mines) et Wivine Moleka (Hydrocarbures).
Permutations, promotions et rétrogradations
Parallèlement à ces sorties, plusieurs anciens ministres ont été maintenus, mais ont changé de portefeuille ou de rang. Aimé Boji Sangara, précédemment ministre du Budget, prend en charge l’Industrie. Molendo Sakombi quitte les Hydrocarbures pour les Ressources hydrauliques, tandis qu’Augustin Kibassa passe des Télécommunications à l’Économie numérique. Ève Bazaiba, elle, délaisse l’Environnement pour les Affaires sociales. Grégoire Mutshayi devient ministre du Développement rural après avoir dirigé l’Agriculture. Didier Mazenga passe de l’Intégration régionale au Tourisme.
Certains vice-ministres montent en grade. C’est le cas de Samuel Mbemba, devenu ministre des Droits humains, et de Oneige Nsele, passée de vice-ministre des Finances à ministre des Affaires foncières.
À l’inverse, Noëlla Ayeganagato, qui était ministre de la Jeunesse, est désormais vice-ministre des Affaires étrangères.
Une continuité politique assumée
Malgré ces changements, la colonne vertébrale politique du gouvernement reste inchangée. Jean-Pierre Bemba, Jacquemain Shabani, Guy Kabongo, Daniel Mukoko Samba et Jean-Pierre Lihau conservent des postes stratégiques, souvent promus au rang de vice-premiers ministres. D’autres figures comme Patrick Muyaya, Yolande Elebe, Julien Paluku ou Raïssa Malu sont également reconduites.
Le remaniement introduit aussi de nouveaux portefeuilles plus spécialisés : Économie numérique, Nouvelle citoyenneté, Nouvelle économie du climat, ou encore Entrepreneuriat. Ces intitulés traduisent une volonté de s’aligner sur des enjeux contemporains et de répondre aux attentes de modernisation de l’action publique.
Avec ce remaniement, le président Tshisekedi opère un ajustement de son équipe gouvernementale sans rupture. En dépit de la communication initiale sur un resserrement, le gouvernement est légèrement élargi. Il s’agit donc moins d’un tournant que d’un repositionnement : continuité des figures clés, ouverture à de nouveaux profils, et réorganisation de certains portefeuilles. Reste à voir si cette nouvelle configuration permettra de répondre plus efficacement aux défis économiques, sociaux et sécuritaires du pays.