Mines & Ressources La RDC négocie avec une société privée la formation de plus de 20 000 gardes pour protéger ses mines

La RDC négocie avec une société privée la formation de plus de 20 000 gardes pour protéger ses mines

Kinshasa négocie avec une société privée la formation de plus de 20 000 gardes armés pour protéger ses mines et améliorer la traçabilité, a rapporté Bloomberg, citant l'inspecteur général des Mines Rafael Kabengele.

La RDC négocie avec une société privée la formation de plus de 20 000 gardes pour protéger ses mines
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 27 JUIN 2026 - 00:09 WAT · 3 min de lecture

Le gouvernement congolais négocie avec une société privée la formation de plus de 20 000 gardes armés chargés de protéger ses mines, a rapporté Bloomberg vendredi, citant l’inspecteur général des Mines, Rafael Kabengele. Objectif affiché : assainir la réputation d’un secteur minier miné par l’informalité et la contrebande.

Ces gardes protégeraient les exploitations commerciales de grande taille, encadreraient la formalisation des sites artisanaux et amélioreraient la traçabilité des exportations de minerais, selon Kabengele, qui n’a pas nommé la société pressentie. À terme, la nouvelle force remplacerait les policiers et les militaires actuellement déployés sur les sites miniers et de traitement.

« Le principe a été acté », a déclaré Kabengele à Bloomberg, lors d’un entretien la semaine dernière à Lubumbashi. Un décret autorisant la création de l’unité doit être publié sous peu. L’inspecteur général a pris ses fonctions en janvier.

L’Inspection générale des Mines, rattachée au ministère des Mines, avait annoncé plus tôt cette année un investissement de 100 millions de dollars dans cette garde, financé par les États-Unis et les Émirats arabes unis. En décembre, Kinshasa a signé avec l’administration Trump un partenariat stratégique ouvrant aux entreprises américaines un accès préférentiel à certains projets miniers et d’infrastructures. Washington dit pourtant ne pas participer à l’initiative : le département d’État a indiqué à Bloomberg que les États-Unis ne sont « impliqués d’aucune manière » et n’ont pas prévu de financement. Kabengele soutient de son côté que Washington se dit « prêt à aider, vraiment aider ».

La formation devrait commencer d’ici septembre, un premier bataillon étant attendu au Katanga en janvier. Les formateurs ne sont pas liés à Erik Prince, fondateur de la société militaire privée Blackwater et proche de Donald Trump, dont des entreprises ont opéré dans plusieurs secteurs en RDC, a précisé Kabengele. Il a aussi dit préférer que les agents de l’actuelle police des mines n’intègrent pas la nouvelle garde.

L’Inspection générale est récemment intervenue dans un litige sur un permis détenu par une filiale d’Eurasian Resources Group, l’un des premiers fournisseurs mondiaux de cobalt, après l’occupation d’une partie de la concession par des creuseurs artisanaux. Une mission militaire les a délogés le mois dernier, et les constats de l’inspection ont été transmis à la justice. Cas « typique » des dossiers que la future garde devra trancher, selon Kabengele : les creuseurs « peuvent avoir le droit de creuser, mais pas comme ça », a-t-il dit.

La RDC abrite parmi les plus riches gisements mondiaux de cuivre, de cobalt, d’étain, de tantale, d’or, de lithium et de zinc, où opèrent Barrick, Glencore, CMOC et Zijin. Une part de sa production échappe à l’État par la contrebande, en particulier dans l’Est en guerre, où la traçabilité des minerais reste le maillon faible.

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B
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