Politique Riek Machar appelle à une « nouvelle guerre » et inquiète en RDC

Riek Machar appelle à une « nouvelle guerre » et inquiète en RDC

Pour sa première prise de parole publique depuis sa défaite, Riek Machar a déclaré la guerre au gouvernement Sud-soudanais en place, plongeant la RDC, qui a accueillie plusieurs centaines de ses combattants dans l'inquiétude.

South Sudan's rebel leader Riek Machar sits near his men in a rebel-controlled territory in Jonglei State, South Sudan January 31, 2014. REUTERS/Goran Tomasevic/File Photo
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 1 OCTOBRE 2016 - 17:12 WAT · 3 min de lecture

Dans un communiqué transmis à l’AFP dimanche 25 septembre, l’ancien vice-président sud-soudanais exprime son intention de « lancer une résistance populaire armée contre le régime autoritaire et fasciste du président Salva Kiir. »

Riek Machar est donc prêt à recroiser le fer avec Salava Kiir, son vieil ennemi devenu son partenaire de paix après la signature de l’accord d’Addis-Abeba en août 2015. Las, la cohabitation entre les deux hommes, scellée fin avril lors de l’instauration d’un gouvernement d’union nationale, a fait long feu.

En juillet dernier, après des combats à l’arme lourde qui les avaient opposés aux troupes gouvernementales à Juba, Riek Machar et ses partisans avaient fui de l’autre côté de la frontière, en RDC. Depuis, la Monusco les a pris en charge.

La mission onusienne dans le pays les a sortis du parc de Garamba, situé dans la province Orientale, à proximité de la frontière avec le Soudan du Sud, où ils avaient trouvé refuge.

Cantonnés au camp de Mubambiro, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, ces « éléments » inquiètent des organisations des droits de l’homme et plusieurs autorités politiques congolaises.

Cet « appelle à la guerre » inquiète « au plus haut point » les organisations de Société civile et l’opposition congolaise.  Soumis eux aussi à un regain d’arrivées de réfugiés sud-soudanais, des représentants d’organisations citoyennes ou de partis politiques du Nord-Kivu, où sont rélocalisés plus de 800 réfugiés Sud-soudannais,  ont émis des réserves à l’égard de certains de ces nouveaux venus, et en particulier les miliciens de Riek Machar.

Pour Juvénal Munubo, député de Walikale: « Le gouvernement dit qu’ils sont désarmés, mais étant donné que ce sont des gens qui connaissent le maniement des armes, il y a lieu de s’inquiéter. En plus, leur chef Riek Machar, ancien vice-président, vient de faire une déclaration où il appelle à une guerre contre Juba. Pour nous, cela ne peut constituer qu’un sujet d’inquiétude parce qu’à l’est du pays, il y a déjà beaucoup de groupes armés : FDLR, ADF-Nalu, Maï-Maï. ( …) Le gouvernement doit activer le mécanisme diplomatique pour que ces militaires soient rapatriés rapidement chez eux. On a déjà des problèmes avec la présence, chez nous, d’autres troupes étrangères… Il n’en faut pas davantage », déclare-t-il.

Par ailleurs, Washington condamne cette « incitation » de l’ex vice président Sud-soudanais, alors que la MONUSCO et les autorités congolaises annoncent étudier des possibilités de délocaliser ces rebelles vers un autre pays.

« Les énergies sont mises à contribution pour qu’avec les autorités sud-soudanaises et congolaises, des solutions idoines puissent être trouvées pour acheminer éventuellement ces sud-soudanais hors de la RDC », a rapporté Félix Prosper Basse, lors de la conférence de presse de l’ONU.

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