Opinion Ruzizi III : un barrage pour la paix ou un pari risqué dans les Grands Lacs ?
Opinion

Ruzizi III : un barrage pour la paix ou un pari risqué dans les Grands Lacs ?

Centrale hydroélectrique de la Ruzizi 1 de la SNEL Sud Kivu. Radio Okapi.Ph/ Emmanuel Elameji
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 10 SEPTEMBRE 2025 - 20:07 WAT · 2 min de lecture
🔓Il vous reste 4 articles premium ce mois-ci. Accès illimité →

La construction du barrage hydroélectrique Ruzizi III, attendu depuis plus de vingt-cinq ans, semble enfin sur les rails. Prévue initialement pour avril, puis repoussée à juillet, la clôture des candidatures a de nouveau été retardée en raison de la reprise de la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) en 2022 et, plus récemment, de la prise de Bukavu par le M23 en début d’année 2025, révèle ce mercredi Africa Intelligence.

Malgré ce contexte sécuritaire tendu, le projet reste au centre des enjeux géopolitiques régionaux. L’administration de l’ancien président américain Donald Trump l’avait inscrit dans son paquet de confidence building measures (CBM), visant à favoriser la consolidation de la paix entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir la rébellion du M23. Washington voit dans Ruzizi III un instrument de stabilisation susceptible d’attirer des investissements américains.

Cinq consortiums ont été présélectionnés pour la construction de l’ouvrage :
• Ozaltin-Summa, composé des groupes turcs Özaltin et Summa (réalisateur du Kigali Convention Center) ;
• Nurol-DL, coentreprise turco-coréenne ;
• Power China HFE, réunissant PowerChina Huadong et deux bureaux de Sinohydro ;
• Orascom-DEC, associant l’égyptien Orascom et le chinois Dongfang Electric Corp ;
• Limak-Mota Engil, qui rassemble le portugais Mota-Engil et le turc Limak.

Le financement repose sur un partenariat public-privé. Outre TotalEnergies, l’Aga Khan Fund for Economic Development (Akfed), via Industrial Promotion Services (IPS), figure parmi les principaux actionnaires du projet. Les trois pays concernés – Burundi, Rwanda et RDC – détiendront chacun 10 % du capital de Ruzizi III Energy, société chargée de piloter la construction.

Ce projet hydroélectrique est censé fournir une énergie stable et contribuer au développement économique de la région, tout en servant d’outil diplomatique pour rapprocher des États voisins en conflit. Reste à savoir si les conditions sécuritaires permettront le lancement effectif des travaux dans les délais annoncés.

Odon Bakumba

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…