Les chefs coutumiers des deux Kivu reçus à Kinshasa, cinq jours après la promesse de Shabani sur les arrêtés
Le vice-Premier ministre de l’Intérieur a reçu le 2 novembre 2026 les chefs coutumiers du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, deux provinces dont les chefs-lieux sont tenus par le front armé issu de l’agression rwandaise. Le communiqué ne détaille aucune doléance, alors que le ministre s’était engagé le 27 octobre à accélérer les arrêtés nommant les chefs de chefferie.
Les chefs coutumiers des deux Kivu reçus à Kinshasa, cinq jours après la promesse de Shabani sur les arrêtés
AFP
Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a reçu en audience ce lundi 2 novembre 2026 les chefs coutumiers des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les autorités coutumières lui ont présenté leurs préoccupations, liées à l’exercice de leurs responsabilités et aux difficultés de leurs communautés.
Le ministère souligne le rôle des chefs coutumiers dans la gouvernance locale, la cohésion sociale et la prévention des conflits communautaires, et le vice-Premier ministre a réaffirmé l’importance du dialogue avec eux pour le renforcement de l’autorité de l’État au niveau local.
Deux provinces dont les deux capitales échappent à l’État
La portée de cette audience tient à la géographie. Goma et Bukavu, chefs-lieux du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, sont tenues par le front armé issu de l’agression rwandaise, qui y a installé sa propre administration, nommé des maires et levé l’impôt. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a déclaré cette administration nulle et dépourvue d’effet juridique, et onze partenaires de la RDC en ont réclamé le démantèlement le 30 octobre.
Dans ces deux provinces, la chaîne coutumière est l’une des rares structures d’autorité qui ne procède pas de l’occupant. Recevoir ces chefs à Kinshasa n’est donc pas une formalité protocolaire : c’est un acte de continuité de l’État sur un territoire où son administration déconcentrée est empêchée.
Le dossier concret, ce sont les arrêtés
Le communiqué ne détaille aucune des préoccupations exposées. Il en existe pourtant une, documentée, qui remonte de plusieurs provinces et dont le ministre a lui-même reconnu le retard cinq jours plus tôt. Le 27 octobre, recevant le caucus des parlementaires de l’Ituri, Jacquemain Shabani s’était engagé à signer plus vite les arrêtés nommant les chefs de chefferie.
Un chef sans arrêté exerce sans titre opposable. Il ne peut ni faire valoir sa qualité devant l’administration, ni prétendre à la prise en charge qui s’y attache. C’est la question matérielle qui se cache derrière la formule « l’exercice de leurs responsabilités ».
Les conflits coutumiers remontent de partout
Le dossier n’est pas propre aux Kivu. Le 20 octobre, les députés nationaux du Haut-Katanga alertaient le même ministre sur l’insécurité et les conflits coutumiers dans leur province. Le 8 octobre, le ministère lançait la validation d’un guide destiné à renforcer la sécurité au niveau local.
Quant aux « difficultés rencontrées par leurs communautés », elles ont un ordre de grandeur. La RDC compte plus de 6,1 millions de déplacés internes, et l’essentiel se concentre dans l’Est, sur les territoires que ces mêmes chefs sont censés administrer.
Rédaction
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