Politique Suspension du PPRD par le CSAC : l’UNPC dénonce «une dérive autoritaire» et défend la liberté de la presse
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Suspension du PPRD par le CSAC : l’UNPC dénonce «une dérive autoritaire» et défend la liberté de la presse

Suspension du PPRD par le CSAC : l’UNPC dénonce «une dérive autoritaire» et défend la liberté de la presse
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 6 JUIN 2025 - 16:33 WAT · 3 min de lecture

L’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) a exprimé son inquiétude face à la décision du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) de suspendre, pour une durée de 90 jours, la médiatisation des activités du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) ainsi que de ses membres sur l’ensemble du territoire national.

Dans un communiqué signé par son président, Kamanda wa Kamanda Muzembe, l’organisation d’autorégulation des journalistes congolais conteste la légitimité et la portée d’une telle mesure, qu’elle considère comme une atteinte grave à la liberté d’informer.

La décision, prise par l’Acte n° 006/B/06/025 du 2 juin 2025, soulève, selon l’UNPC, de nombreuses interrogations quant à la compétence du CSAC et à la philosophie même de la régulation des médias en République démocratique du Congo. L’Union rappelle que toute régulation médiatique doit s’exercer dans le respect des principes fondamentaux d’une presse libre et indépendante, piliers d’un État de droit.

Dans ses observations, l’UNPC insiste sur le fait que la régulation doit obéir à une logique claire : celle de la liberté d’expression et de la presse. Elle souligne que cette régulation doit être exercée a posteriori, c’est-à-dire après publication ou diffusion, afin d’éviter toute dérive vers une forme de censure préalable. Or, la suspension décidée par le CSAC s’apparente, selon elle, à une volonté d’embrigader les médias en leur imposant des lignes rouges dictées davantage par des considérations politiques que professionnelles.

« Les journalistes ne peuvent accepter d’être réduits au silence ou à la complaisance », affirme la déclaration. « Ils sont les historiens du présent et la conscience critique de leur temps. »

Dans un contexte marqué par une situation sécuritaire tendue dans l’Est du pays — notamment l’agression rwandaise par le biais des rebelles de l’AFC/M23 —, l’UNPC s’interroge sur la cohérence du discours officiel.

« Alors que les autorités appellent à l’unité nationale, pourquoi présenter les journalistes comme des ennemis de la République, des porteurs d’armes symboliques responsables de la division ? », questionne l’organisation.

De son côté, le CSAC, par la voix de son président, justifie sa décision en évoquant la nécessité, en période de guerre, d’éviter que les médias ne servent de tribune à une organisation qu’il qualifie de « subversive ». Le gouvernement, pour sa part, ne cesse d’affirmer que le président du PPRD entretiendrait des liens avec les rebelles de l’AFC/M23.

O. Fiston

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