65e anniversaire : Tshisekedi promet un nouvel élan de paix après l’accord RDC-Rwanda
Le president de la République Félix Tshisekedi PHOTO DROITS TIERS
AFP
Lors de son allocution , il a fait savoir que l’accord de paix récemment signé entre la RDC et le Rwanda, que le chef de l’État a qualifié de « promesse de paix » pour les provinces meurtries de l’Est du pays.
« Cet accord n’est pas seulement un document, c’est une promesse de paix pour les populations de Goma, de Bukavu, de Masisi, de Rutshuru, de Nyiragongo, de Lubero, de l’Ituri, et de toutes les localités martyrisées par la guerre », a lancé le président Tshisekedi, dans un ton solennel, évoquant les décennies de souffrances endurées par les communautés de l’Est, victimes de conflits armés et de déplacements forcés.
Signé vendredi dernier à Washington par les ministres congolais et rwandais des Affaires étrangères, cet accord diplomatique comprend neuf points cruciaux, parmi lesquels le respect mutuel de l’intégrité territoriale, la fin du soutien aux groupes armés désignés comme « forces négatives », et l’engagement à une désescalade militaire progressive dans les zones de tension. Le texte a été immédiatement salué par plusieurs partenaires internationaux, notamment les États-Unis, la France, le Qatar, l’Angola et l’Union africaine, qui y voient une étape décisive vers la stabilisation régionale.
Pour Tshisekedi, cette signature n’est pas un acte isolé, mais s’inscrit dans une approche plus large de résolution pacifique des conflits, qui englobe également les pourparlers en cours avec les rebelles du M23-AFC, tenus sous médiation qatarie à Doha.
« Ce processus diplomatique s’articule également avec les discussions en cours à Doha, au Qatar. Notre ambition reste sans équivoque : rétablir pleinement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et œuvrer à l’instauration d’une paix réelle, durable et partagée dans toute la sous-région », a-t-il affirmé.
La démarche de Kinshasa semble ainsi reposer sur une double dynamique : d’une part, le dialogue avec le Rwanda pour stopper les ingérences et rétablir la confiance bilatérale ; d’autre part, la recherche d’un compromis politique interne avec les mouvements rebelles actifs dans l’Est, notamment le M23-AFC, dont les offensives avaient considérablement aggravé la crise humanitaire dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Les populations civiles, les autorités locales, les organisations de la société civile et les partenaires humanitaires exigent des actions concrètes sur le terrain : la fin effective des combats, le retrait visible des troupes étrangères, le retour sécurisé des déplacés et la relance des services de base. L’accord de Washington, bien que perçu comme un tournant, suscite aussi des attentes élevées quant à sa mise en œuvre réelle.
Dans cette optique, le président Tshisekedi a voulu rassurer. Il a rendu hommage aux Forces armées de la RDC (FARDC), engagé un appel à l’unité nationale et réitéré son attachement à la souveraineté du pays. « La paix est une œuvre de longue haleine, mais elle n’est pas hors de portée. Le peuple congolais mérite mieux que la guerre. Il mérite la dignité, la sécurité, et le développement », a-t-il conclu, déterminé à faire de l’année du 65e anniversaire de l’indépendance celle d’un nouveau départ pour l’Est du pays.
C.Timothée ÉZÉCHIEL