Génocides congolais : Muyaya fustige Kigali et dénonce une apologie de la violence
Génocides congolais : Muyaya fustige Kigali et dénonce une apologie de la violence
AFP
Pour Patrick Muyaya, ces déclarations constituent « une apologie de la violence » et traduisent un « déni permanent » des crimes commis. Il a rappelé que Kinshasa avait engagé un important travail de mémoire à travers le Fonarev (Fonds national pour réparation des victimes de conflits) et le Cia-var (Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes). Ces mécanismes visent à documenter les crimes perpétrés depuis 1997, à identifier leurs auteurs et à obtenir une reconnaissance internationale.
« Nous ne nous laisserons pas distraire par de tels propos. Nous faisons ce travail pour notre mémoire et rien ne pourra nous arrêter », a martelé Muyaya, citant notamment les massacres de Kasika et de Fizi, qu’il a qualifiés « d’horreur innommable » devant impérativement être punie.
Le ministre congolais a également plaidé pour une reconnaissance internationale des génocides commis en RDC. « Depuis 30 ans, le monde entier est informé des massacres et violations massives des droits humains dans l’Est du pays », a-t-il insisté, dénonçant au passage l’implication des troupes rwandaises et du mouvement rebelle M23 dans plusieurs exactions.
Ce combat pour la reconnaissance n’est pas nouveau. Lors de la commémoration du troisième anniversaire du Genocost — initiative lancée pour dénoncer le « génocide congolais à des fins économiques » — le président Félix Tshisekedi avait déjà annoncé le lancement d’une campagne politique et diplomatique à l’échelle internationale.
À Genève, où se tient du 8 septembre au 3 octobre 2025 la 60ᵉ session ordinaire du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a de son côté dénoncé « des crimes massifs et systématiques » imputés « au Rwanda et à ses supplétifs ». Il a regretté que la communauté internationale n’ait pas encore publiquement qualifié ces atrocités de « génocide ».
En réaction, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a réaffirmé sa position, jugeant auprès de l’AFP « absurde » et « stupide » la campagne diplomatique menée par Kinshasa.
Silas MUNGINDA
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