« C’est quoi le lien entre le ministère des Transports et la baleine ? »: Bemba fait polémique à Moanda
La visite de Jean-Pierre Bemba à Muanda, où une baleine s'est échouée, a déclenché un buzz sur les réseaux. Derrière la blague, le passage du vice-Premier ministre était lié au port de Banana, et rouvre la question des naufrages meurtriers de son portefeuille.
« C’est quoi le lien entre le ministère des Transports et la baleine ? »: Bemba fait polémique à Moanda
AFP
Une question a suffi à lancer le buzz. « C’est quoi le lien entre le ministère des Transports et la baleine ? », a écrit jeudi la page Facebook Barick Buema Parole Écrite, après le passage du vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, à Muanda, où un cétacé de quinze mètres s’était échoué. Le post a réuni plus de 700 réactions et 460 commentaires, entre vannes et fausses explications savantes. « Une baleine nage, et la nage est un moyen de transport », ironise un internaute. D’autres répondent « voie navigable », « le tracteur » ou « la taille du ministre ».
La réponse sérieuse, elle, tient en un chantier. Jean-Pierre Bemba se trouvait dans le Kongo-Central pour inspecter le port en eau profonde de Banana, l’un des projets d’infrastructure maritime les plus attendus du pays, qui relève bien de son portefeuille, intitulé Transports, Voies de communication et Désenclavement. La baleine s’est échouée sur cette même façade atlantique. Lors de sa visite, le ministre a mis en garde contre des constructions privées empiétant sur la mangrove, un écosystème protégé du littoral.
L’animal, long de douze à quinze mètres, a été retrouvé sur la plage de Muanda le 2 juillet. Malgré plusieurs heures d’efforts des équipes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), qui ont manqué de matériel adapté à un mammifère de cette taille, il n’a pas survécu. L’ICCN a demandé à la population de ne pas consommer sa chair ni approcher la carcasse avant les analyses destinées à établir les causes de la mort. De tels échouages sont rares sur la côte congolaise.
Derrière la plaisanterie affleure une question moins légère. Le portefeuille de Jean-Pierre Bemba englobe aussi la navigation fluviale et lacustre, théâtre de naufrages qui font, chaque année, des centaines de morts. Le 20 mars 2026, le député Fontaine Mangala lui avait adressé une question orale avec débat à l’Assemblée nationale sur ces naufrages récurrents, et le vice-Premier ministre avait été interpellé sur les mesures prises pour y mettre fin. Dans les commentaires du post viral, plusieurs internautes ont fait le même rapprochement, opposant la mobilisation autour d’un cétacé à l’attention portée aux embarcations qui chavirent.
Le phénomène, exceptionnel, a braqué les projecteurs sur un déplacement ministériel qui, sans lui, serait passé pour une simple inspection portuaire. Il aura aussi rappelé, le temps d’un emballement en ligne, que la sécurité de la navigation reste, sur les fleuves et les lacs congolais, un dossier ouvert.