Diplomatie À l’ONU, la RDC plaide pour une nouvelle doctrine internationale des ressources naturelles

À l’ONU, la RDC plaide pour une nouvelle doctrine internationale des ressources naturelles

Présidant un débat de haut niveau au Conseil de sécurité, la RDC a appelé la communauté internationale à faire de la gouvernance équitable des ressources naturelles un pilier de la paix et de la sécurité mondiales.

À l’ONU, la RDC plaide pour une nouvelle doctrine internationale des ressources naturelles
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 23 JUILLET 2026 - 08:19 WAT · 3 min de lecture

Sous la présidence de la République démocratique du Congo, le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu, mercredi 22 juillet 2026 à New York, un débat public de haut niveau consacré à « la gouvernance des ressources naturelles : fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».

Devant les membres du Conseil, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a livré le message du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Elle a présenté la gouvernance des ressources naturelles comme un enjeu majeur de paix et de sécurité internationales.

Dans son message, la cheffe de la Diplomatie congolaise a particulièrement insisté sur la situation dans l’Est de la RDC, où l’exploitation illégale des minerais contribue au financement et à la survie de plusieurs groupes armés. Selon lui, la construction d’une paix durable passe notamment par le démantèlement de ces groupes, l’assèchement de leurs circuits financiers et la rupture des réseaux permettant aux minerais provenant des zones de conflit d’intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Une transition énergétique fondée sur l’équité

Thérèse Kayikwamba a également mis en garde contre une transition énergétique mondiale qui se développerait au détriment des populations vivant dans les pays producteurs. « Il ne peut y avoir de transition énergétique véritablement juste si elle repose sur l’injustice faite aux peuples producteurs », a-t-elle déclaré au nom du chef de l’État congolais.

La RDC a ainsi proposé l’émergence d’une nouvelle doctrine internationale reposant sur le respect de la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles, la transparence des chaînes d’approvisionnement et le renforcement des mécanismes de traçabilité.

Cette doctrine devrait également intégrer la lutte contre l’impunité économique, la promotion de partenariats équitables et la participation des communautés locales à la gouvernance des ressources. Pour le chef de l’État, les pays producteurs ne réclament « ni faveur ni charité », mais des partenariats capables de créer de la valeur, de soutenir l’industrialisation et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

La RDC revendique un rôle stratégique

À travers cette initiative, la RDC entend affirmer son rôle d’acteur majeur de la transition énergétique mondiale, de la lutte contre le changement climatique et de l’industrialisation du continent africain.

Cette position a été soutenue par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Celui-ci a appelé la communauté internationale à rompre avec le modèle historique d’extraction des richesses africaines au détriment des communautés locales.

Le secrétaire général de l’ONU a notamment souligné le rôle stratégique de la RDC dans l’économie mondiale, le pays assurant plus de 70 % de la production mondiale de cobalt, un minerai essentiel à la fabrication des batteries et au développement des technologies liées à la transition énergétique.

Odon Bakumba

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