Diplomatie Visas, coopération, commission mixte : ce que la RDC a signé avec le Gabon

Visas, coopération, commission mixte : ce que la RDC a signé avec le Gabon

Trois instruments signés à Libreville le 15 août, une commission mixte à installer, et un modèle industriel gabonais que Kinshasa dit vouloir copier.

Visas, coopération, commission mixte : ce que la RDC a signé avec le Gabon
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 29 AOÛT 2026 - 12:20 WAT · 5 min de lecture

Le Conseil des ministres a tenu sa 97e réunion le vendredi 28 août 2026 à la Cité de l’Union africaine, sous la présidence du chef de l’État. La communication présidentielle a porté en premier lieu sur les déplacements effectués au Gabon et en République unie de Tanzanie du 15 au 18 août 2026.

Le compte rendu inscrit ces voyages dans « sa volonté de consolider les relations de la République démocratique du Congo avec ses partenaires régionaux et de promouvoir une diplomatie de proximité tournée vers des résultats concrets ». Deux dossiers en ressortent : un socle juridique avec Libreville, un enjeu de désenclavement avec Dar es Salaam.

Trois instruments signés à Libreville

C’est l’apport le plus concret de la séquence. Le 15 août 2026 à Libreville ont été signés « un accord général de coopération, un accord relatif à l’exemption réciproque des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, ainsi qu’un mémorandum d’entente instituant les consultations politiques et diplomatiques régulières ».

L’exemption de visas ne concerne donc pas les voyageurs ordinaires : elle vise les seuls détenteurs de passeports diplomatiques et de service. Le mémorandum, lui, institue un rendez-vous politique régulier entre les deux ministères des Affaires étrangères, sans que le compte rendu en précise la fréquence.

Félix Tshisekedi et son homologue gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema ont par ailleurs convenu de mettre en place une commission mixte chargée du suivi des engagements. Ni sa composition, ni sa date d’installation ne sont indiquées.

Nkok, un modèle que Kinshasa observe

Le chef de l’État a visité la zone industrielle spéciale de Nkok, que le compte rendu orthographie « Nkoku ». Cette zone économique spéciale gabonaise s’est spécialisée dans la transformation locale du bois, activité que le Gabon a rendue obligatoire en interdisant l’exportation de grumes.

Le Conseil retient de cette visite des enseignements pour « l’industrialisation et la valorisation locale de la filière bois », à adapter aux réalités congolaises. La RDC dispose déjà d’un projet comparable avec la zone économique spéciale de Maluku, dont la comparaison avec le modèle gabonais a été documentée.

Le corridor central et la résolution 2773

En Tanzanie, les échanges ont porté sur le désenclavement par le corridor central, qui relie la RDC au port de Dar es Salaam. Le compte rendu indique que les deux chefs d’État ont réaffirmé « leur attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, à la mise en œuvre de la résolution 2773 et au processus de Washington et de Doha ».

La résolution 2773 est celle par laquelle le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné l’offensive de l’AFC/M23 soutenue par la Force de défense rwandaise et exigé son retrait. Une seconde commission mixte, celle-là avec la Tanzanie, doit être préparée par les deux gouvernements.

Douze ministres instruits

Le Conseil a chargé une douzaine de membres du gouvernement, sous la coordination de la Première ministre, ainsi que la Direction générale des migrations, « de veiller, dans le respect de l’intégrité territoriale, à la mise en œuvre effective des engagements convenus avec ces deux pays, et de proposer les initiatives nécessaires à leur matérialisation ».

Sont notamment cités le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, celui des Transports et Voies de communication, les ministres d’État chargés des Affaires étrangères, de l’Agriculture et de l’Industrie, ainsi que les ministres de la Santé, des Mines, du Commerce extérieur, du Commerce et de l’Économie numérique, des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, et de l’Intégration régionale.

Le président a appelé à traduire les acquis de ces déplacements en actions concrètes, par « la consolidation de nos partenariats, le développement des corridors économiques, la transformation locale de nos ressources et la défense de nos intérêts stratégiques et sécuritaires ».

Ce que le compte rendu ne dit pas

La communication présidentielle annonce trois points principaux. Le premier porte sur les deux déplacements, le deuxième sur l’accélération des mises à la retraite dans la fonction publique. Le troisième n’a pas été diffusé.

Le compte rendu ne donne ni le contenu détaillé de l’accord général de coopération, ni la date d’entrée en vigueur des trois instruments, ni le calendrier des deux commissions mixtes. Il ne précise pas non plus la date de la précédente réunion du Conseil, la 96e. La 95e s’était tenue les 30 et 31 juillet à Kaniama-Kasese, dans le Haut-Lomami.

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