Diplomatie RDC-Tanzanie-HCR : une feuille de route adoptée pour le rapatriement volontaire de 87 000 réfugiés congolais

RDC-Tanzanie-HCR : une feuille de route adoptée pour le rapatriement volontaire de 87 000 réfugiés congolais

La huitième tripartite de Lubumbashi s'est clôturée le 27 août par la signature d'un communiqué final. Entre 2021 et 2025, la base du HCR n'enregistre pourtant aucun retour depuis la Tanzanie.

RDC-Tanzanie-HCR : une feuille de route adoptée pour le rapatriement volontaire de 87 000 réfugiés congolais
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 27 AOÛT 2026 - 19:28 WAT · 4 min de lecture

La République démocratique du Congo, la Tanzanie et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ont adopté, ce jeudi 27 août à Lubumbashi, une feuille de route consacrée au rapatriement volontaire des réfugiés congolais vivant en Tanzanie. Le document, formalisé par la signature d’un communiqué final, fixe les orientations devant encadrer le retour de quelque 87 000 personnes.

Les travaux de cette huitième réunion tripartite, ouverte le 25 août dans le chef-lieu du Haut-Katanga, ont été coprésidés par le vice-Premier ministre congolais chargé de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, et par le vice-ministre tanzanien de l’Intérieur, Ayoub Mahmoud.

La sécurité posée comme préalable

Du côté congolais, Shabani Lukoo a insisté sur les conditions de retour. « La sécurité demeure un préalable indispensable » à un rapatriement sûr et durable, a-t-il souligné, en visant en particulier les réfugiés originaires du Sud-Kivu. Il a également appelé la Tanzanie et le HCR à renforcer la sensibilisation auprès des réfugiés et à veiller à la mise en œuvre effective des résolutions adoptées.

Le vice-ministre tanzanien a, pour sa part, appelé les partenaires internationaux à mobiliser les financements nécessaires au processus et à accompagner la réintégration socio-économique des réfugiés une fois rentrés en RDC.

Ce que retient le communiqué final

Parmi les engagements figurent la garantie du caractère strictement volontaire des retours, fondés sur un choix libre et éclairé des réfugiés, ainsi que la facilitation du rapatriement vers les zones préalablement identifiées par le gouvernement congolais. Les trois parties ont également convenu de renforcer le système éducatif destiné aux enfants congolais réfugiés dans le camp de Nyarugusu, en Tanzanie.

Ces engagements ne sont pas de simples formules. Ils reprennent les obligations inscrites à l’article 5 de la convention de l’Organisation de l’unité africaine du 10 septembre 1969, que la RDC et la Tanzanie ont ratifiée, et dont le premier alinéa dispose que « le caractère essentiellement volontaire du rapatriement doit être respecté dans tous les cas et aucun réfugié ne peut être rapatrié contre son gré ». Le même article met à la charge du pays d’origine l’obligation de faciliter la réinstallation des rentrants.

Lu par le secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés, Éric Mukandila, le communiqué final constitue le cadre de référence des prochaines étapes. La réunion s’est achevée par la signature solennelle du rapport final par les trois parties, présentée comme la traduction de la volonté des présidents Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan de faire du retour des réfugiés une opération volontaire, digne et sécurisée.

Une feuille de route face à cinq années sans un seul retour

C’est à l’aune des chiffres que se mesure la tâche. Entre 2005 et 2025, 90 059 réfugiés congolais sont rentrés de Tanzanie, mais l’essentiel de ce volume se concentre sur les quatre premières années. Le dernier retour à quatre chiffres remonte à 2019. Pour les années 2021 à 2025, la base du HCR n’enregistre aucun retour depuis la Tanzanie.

Le camp de Nyarugusu, ouvert en novembre 1996, abrite la quasi-totalité des réfugiés congolais de Tanzanie. Certaines familles y vivent depuis trente ans. Depuis la reprise des violences dans l’Est en janvier 2025, 4 566 personnes s’y sont ajoutées : le flux ne va pas dans un seul sens, ce qui donne toute sa portée à l’exigence de sécurité formulée par le vice-Premier ministre pour les originaires du Sud-Kivu.

Ce rendez-vous s’inscrit enfin dans une séquence plus large. Quatre commissions tripartites associant la RDC, un pays voisin et le HCR ont été tenues ou relancées au cours du premier semestre 2026.

Deux éléments manquent pour passer de la feuille de route au calendrier. Les résultats de l’exercice de vérification mené du 6 au 31 juillet à Nyarugusu, qui a évalué 19 194 ménages, soit 85 876 personnes, et dont l’objet était précisément de mesurer la volonté des réfugiés de rentrer, n’ont pas été rendus publics. Et ni le budget du processus ni la liste des zones de retour identifiées par Kinshasa n’ont été communiqués à la clôture.

Gloire MALUMBA.K

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