Économie Import, export, transit : ce que contient le portail commercial que la RDC vient de mettre en service
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Import, export, transit : ce que contient le portail commercial que la RDC vient de mettre en service

Le portail info-commerce.cd donne aux opérateurs les procédures, documents et administrations compétentes pour quatorze produits. Il répond à une obligation de l'OMC ratifiée en juillet 2025.

Import, export, transit : ce que contient le portail commercial que la RDC vient de mettre en service
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 29 AOÛT 2026 - 20:58 WAT · 5 min de lecture

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté au Conseil des ministres du 28 août 2026 une note en deux volets. Le premier porte sur la mise en service du portail d’informations commerciales de la République démocratique du Congo, accessible à l’adresse info-commerce.cd.

L’outil doit, selon le compte rendu, « permettre aux opérateurs économiques et aux investisseurs d’accéder de manière structurée aux procédures applicables, aux documents requis, aux administrations compétentes, ainsi qu’aux principales exigences liées aux opérations d’importation, d’exportation et de transit de marchandises et de services ». Le gouvernement en attend « sa contribution à la transparence commerciale, à la modernisation administrative, à l’amélioration du climat des affaires et au respect des engagements internationaux de la RDC ».

Une obligation ratifiée avec huit ans de retard

Ce dernier point mérite d’être déplié. Le portail répond à l’article 1:2 de l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce sur la facilitation des échanges, qui impose aux membres de rendre disponibles sur Internet les renseignements relatifs aux procédures d’importation, d’exportation et de transit.

Cet accord est entré en vigueur le 22 février 2017. La République démocratique du Congo n’a déposé son instrument d’acceptation que le 11 juillet 2025, soit huit ans plus tard, ce qui en fait l’un des derniers membres à l’avoir ratifié.

Le portail lui-même n’est pas né en août 2026. Le projet a été lancé à Kinshasa le 10 novembre 2025, avec la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement et TradeMark Africa, un protocole d’entente ayant été signé entre les trois parties. La CNUCED en est le maître d’œuvre et indique que la première phase est financée par TradeMark Africa. Un atelier de validation des procédures documentées s’est tenu du 7 au 9 avril 2026 à Kinshasa. La première phase couvre quatorze produits stratégiques, parmi lesquels le cobalt, le café et les poissons congelés.

Ce que l’utilisateur y trouve

Le site propose une recherche de procédure par produit, selon trois régimes : importation, exportation, transit. Chaque fiche renvoie à la base légale applicable et aux accords en vigueur, avec des rubriques distinctes pour le commerce des marchandises, des services et le commerce transfrontalier. Une carte interactive situe les provinces de production, et un formulaire permet de signaler une procédure manquante ou erronée.

Le service reste incomplet. Le lien « Liste des produits » renvoie une page d’erreur, la page de présentation contient encore du texte de remplissage, et le portail est hébergé sur un domaine en .cd et non en .gouv.cd.

Le second volet : un bureau africain à Kinshasa

La note portait également sur l’installation du bureau pays de l’Agence de développement de l’Union africaine en République démocratique du Congo. L’accord de siège a été signé le 6 août 2026 à la Cité de l’Union africaine, par Julien Paluku Kahongya et la directrice générale de l’agence, Nardos Bekele-Thomas, sous la présidence du chef de l’État.

Le ministre décrit le bureau comme « une interface et un pont technique entre la RDC et l’Union africaine ». Le compte rendu formule l’enjeu autrement : l’initiative permettrait au pays de « passer du statut d’objet de la planification panafricaine à celui de co-architecte ».

Une précision s’impose sur les projets cités. Le barrage de Grand Inga figure bien parmi les quinze projets phares de l’Agenda 2063, avec une page dédiée sur le site de l’Union africaine. Le corridor de Lobito, en revanche, n’y figure pas : il relève d’un autre cadre, celui de la concession Lobito Atlantic Railway appuyée par les États-Unis et l’Union européenne. Le bureau peut contribuer à mobiliser des financements pour l’un comme pour l’autre, mais seul le premier est un projet phare continental.

Kinshasa n’est par ailleurs pas le premier bureau de l’agence en Afrique centrale. Un accord de siège avait été signé avec la République du Congo le 2 avril 2025, seize mois plus tôt.

Le cadre de référence

L’Agenda 2063 de l’Union africaine couvre la période 2013-2063 et se déploie par plans décennaux. Le deuxième, qui court de 2024 à 2033, a été lancé les 17 et 18 février 2024 à Addis-Abeba.

Du côté congolais, le document de référence est le Plan national stratégique de développement 2024-2028, qui énonce la vision suivante : « D’ici 2050, les potentiels des secteurs extractifs et agricoles de la RDC auront été mis en valeur, dans l’optique de construire une économie diversifiée à croissance inclusive et à revenu intermédiaire, vaincre la pauvreté et instaurer la paix durable sur l’ensemble du territoire national. »

Le compte rendu annonce six raisons motivant l’installation du bureau, puis en énumère sept : le drainage de programmes phares, l’accès privilégié aux instruments continentaux, la crédibilité institutionnelle, le statut de hub de l’Afrique centrale, la position dans la chaîne de valeur verte, les transferts techniques et la montée en compétences. Ni le budget du bureau, ni ses effectifs, ni son calendrier de mise en place ne sont précisés.

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B
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