À Lubumbashi, les résidus miniers redeviennent un trésor à exploiter
À Lubumbashi, experts et industriels réunis par PanAfGeo+ planchent sur la valorisation des résidus miniers, un gisement négligé.
À Lubumbashi, les résidus miniers redeviennent un trésor à exploiter
AFP
Et si la prochaine richesse minière du Katanga se trouvait déjà à la surface, dans les rejets accumulés depuis des décennies ? À Lubumbashi, experts et industriels réunis dans le cadre du programme PanAfGeo+ ont consacré leurs travaux à la valorisation des résidus miniers, rapportait Mines.cd ce week-end. Un sujet longtemps relégué au second plan, mais qui s’impose à mesure que les technologies de retraitement progressent et que les teneurs des gisements primaires s’épuisent.
Les résidus, ces matériaux écartés lors des premières phases d’extraction, contiennent souvent des quantités exploitables de métaux que les procédés anciens ne savaient pas récupérer. Les revaloriser, c’est produire sans rouvrir de nouvelles mines, donc sans les coûts environnementaux et fonciers associés. Pour le Haut-Katanga, cœur historique du cuivre et du cobalt congolais, l’enjeu est double : économique, parce qu’il s’agit de revenus additionnels, et environnemental, parce que ces terrils posent des problèmes de pollution et de sécurité pour les populations riveraines.
L’angle environnemental n’est pas accessoire. La filière artisanale paie un lourd tribut humain, comme l’a encore montré à quelques encablures de là le drame de Mwenga, où un cinquième creuseur est mort asphyxié en deux mois dans les mines artisanales. Encadrer la valorisation des rejets, c’est aussi une occasion de formaliser une partie de l’activité et d’en réduire la dangerosité.
Reste la question de fond, celle de la place de la RDC dans la chaîne de valeur. Transformer ses résidus sur place plutôt que de les exporter rejoindrait la logique amorcée ailleurs, à l’image de la mine de lithium de Manono qui mise sur une transformation locale. Dans une économie où le budget reste exposé au moindre repli du cuivre, tirer de la valeur de ce qui était considéré comme un déchet n’a rien d’anecdotique. Les travaux de Lubumbashi posent les jalons ; reste à les traduire en projets industriels.
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