Afrewatch demande une enquête sur des violences présumées à Kisanfu
L'organisation congolaise met en cause, dans un communiqué du 1er septembre, des violences présumées contre un travailleur congolais sur le site de CMOC-KFM, premier exportateur d'hydroxyde de cobalt du pays. Ni CMOC ni son sous-traitant n'ont réagi.
Afrewatch demande une enquête sur des violences présumées à Kisanfu
AFP
L’Afrewatch, organisation congolaise de défense des droits humains dans le secteur extractif, a publié le 1er septembre un communiqué mettant en cause des violences présumées contre des travailleurs congolais sur le site minier de Kisanfu, exploité par CMOC dans le Lualaba. L’organisation dit avoir été alertée par une vidéo devenue virale.
Ce que l’organisation décrit, et ce qu’elle demande
Selon Afrewatch, la séquence montrerait des ressortissants chinois s’en prenant physiquement à un travailleur congolais employé par CECC, présentée comme sous-traitante de CMOC-KFM. L’organisation évoque également l’usage de balles réelles par des agents de sécurité sur le site.
Elle réclame une enquête indépendante, impartiale et transparente destinée à établir les responsabilités et à garantir des réparations aux victimes, et adresse cette demande à CMOC-KFM, à CECC et aux autorités compétentes. Elle rappelle que les différends du travail doivent se régler par les mécanismes de dialogue social, dans le respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux.
Les circonstances exactes de la scène, l’identité des personnes filmées et la nature des faits n’ont pas été établies de manière indépendante. Ni CMOC, ni CECC n’ont réagi publiquement à ce jour.
Kisanfu, premier exportateur d’hydroxyde de cobalt du pays
Le site visé n’est pas un site marginal. Kisanfu a exporté 24 824,78 tonnes brutes d’hydroxyde de cobalt au premier semestre 2026, soit 20,9 % du total national. Avec Tenke Fungurume, l’ensemble des actifs congolais de CMOC représente 37 703 tonnes, soit 31,7 % des exportations du pays sur la période. Le groupe détenait un quota d’exportation de 31 200 tonnes de cobalt métal contenu pour 2026, pour un plan de production de 120 000 tonnes.
Afrewatch suit ce secteur de longue date. L’organisation avait dénoncé le non-paiement des redevances minières par plusieurs entreprises, et figure parmi les sources du décompte des cahiers des charges signés au titre du code minier, 71 sur 402, pour 97 millions de dollars destinés aux communautés.
La question de la sous-traitance est au cœur du dossier. Le travailleur mis en cause dans la vidéo n’est pas employé par l’exploitant du site mais par une société tierce, configuration qui place la responsabilité première chez le sous-traitant tout en laissant au donneur d’ordre une obligation de diligence sur ses installations.
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