Afriland First Bank en soutien total à la « MUFFA » et continue d’avancer
Afriland First Bank en soutien total à la « MUFFA » et continue d’avancer
AFP
Il était 14h30 lorsque Patrick Kafindo, directeur général adjoint d’Afriland First Bank RDC, s’est présenté devant une salle remplie de journalistes au centre-ville de Kinshasa, le mercredi 10 mars 2021. Rendez-vous assez spécial, d’autant plus que depuis plusieurs semaines, la banque fait la une de la presse internationale avec des présumées révélations émanant de deux de ses anciens employés aujourd’hui en cavale en Europe. Mais le « DGA » avait autre chose à dévoiler que la polémique du moment. En prenant la parole, il a présenté la MUFFA, la première unité de la Mutuelle Financière des Femmes Africaines (MUFFA). Il s’agit d’une structure qui bénéficie du soutien et de l’encadrement d’Afriland first bank CD.
Quelques jours auparavant, le président Félix Tshisekedi s’est lui-même déplacé en personne pour inaugurer son lancement, dont le bâtiment est érigé au marché Somba Zigida dans la commune de Barumbu, au centre de Kinshasa. Fort de son engagement à soutenir les femmes de la RdC, le chef de l’Etat ne pouvait manquer d’encourager cette belle initiative.
« Les femmes se sont mises ensemble et Afriland First Bank ayant constaté qu’elles veulent se prendre en charge, la banque ne pouvait que les soutenir pour que ses femmes aillent plus loin encore dans le développement de leurs affaires et leur autonomie financière. Les femmes sont nombreuses ; elles soutiennent la famille. Pour aider la famille africaine et donc la société africaine dans son ensemble, nous soutenons les actions des femmes », explique le directeur général adjoint de la banque, dès l’ouverture la session de questions et réponses.
La MUFFA est une première en RDC. Il s’agit entre autres, de la composante féminine du modèle MC2 développé par Dr FOKAM depuis plus de 30 ans, qui prône la création de la richesse par la mise ensemble des moyens et compétences d’une communauté donné, en s’appuyant sur quatre piliers essentiels :
– La restauration de la dignité africaine ;
– L’auto prise en charge de la population afin de vaincre la pauvreté ;
– La promotion de l’épargne et ;
– La création par la population d’une micro banque lui appartenant, gérée par elle, et qui est l à son service ».
« L’inauguration de la 1ère MUFFA de la RDC témoigne l’attachement de notre Banque à l’autonomisation de la Femme Africaine en générale et Congolaise en particulier », précise Patrick Kafindo. « Avec cet instrument, la femme Congolaise se donne les moyens de financer ses activités commerciales afin de créer la richesse dans sa famille. Nous connaissons tous le rôle que joue la femme dans la famille Africaine et Congolaise en particulier », ajoute-t-il.
Mais cette conférence, visiblement dédiée à la mutuelle nouvellement créée, n’allait pas éluder les questions d’actualité autour de la banque. Présent à la conférence, POLITICO.CD a saisi l’occasion pour interroger le directeur général adjoint Kafindo sur les allégations de deux ex-employés d’Afriland First Bank qui défraient la chronique de la presse internationale. « Savez-vous que le secteur bancaire est le plus règlementé au monde ? Nous gérons la richesse du public, pour cela l’Etat ne peut pas nous laisser faire tout ce qu’on veut », a répliqué M. Kafindo à la question de savoir si sa banque a aidé des personnes sanctionnées par le Département de Trésor américain à contourner ces sanctions. La Banque Centrale, explique-t-il, dans sa mission de régulateur du système financier est là, elle veille et fait le nécessaire pour protéger l’épargne du public.
« Ces ONG se hasardent sur un terrain qu’elles ne maitrisent pas, pour ouvrir un compte dans une banque il y a un protocole à suivre. Au sein de notre banque nous avons une Direction de compliance qui alerte chaque fois qu’il y a un client sous sanction. De toutes les façons, il y a deux cas : Soit à l’entrée en relation, le client est sous sanction, à ce niveau, tout le processus d’entrée en relation s’arrête ; Et si la sanction est prononcée pendant la durée de vie du compte, à ce niveau le circulaire compliance group est clair, nous lisons le contenu de la sanction et nous l’appliquons intégralement », précise le DGA.
« Tout ce que nous faisons à Afriland First Bank est conforme aux dispositions de la Banque centrale »

Les accusations tournent en effet sur des révélations de deux ex-employé, Gradi Koko et Navy Malela. Selon ces derniers, qui ont été condamnés pour faux et usage de faux, et association de malfaiteurs, Afriland First Bank aurait alors permis à Dan Gertler de contourner les sanctions qui ont été infligées par les États-Unis. Patrick Kafindo balaie ces accusations d’un revers de la main. Le DGA d’Afriland First Bank va encore plus loin en révélant qu’ «En janvier, lorsque le client a présenté sa licence, nous lui avons écrit à pour l’informer que son compte en dollars restera bloqué jusqu’à la levée définitive des sanctions », faisant référence à la license qui a été finalement accordée à Dan Gertler par les mêmes autorités américaines pour lui permettre d’effectuer à nouveau des transactions en dollars américains.
Outre des accusations sur Dan Gertler, des ONGs et la presse ont également accusé la banque d’avoir violé la régulation bancaire en RDC, en payant plusieurs de ses clients en cash. « Si cela émanait d’un Congolais ou d’un résident de la RDC j’en aurais été étonné. Comme cela provient de personnes étrangères aux réalités de l’économie congolaise, ça se comprend », rétorque Patrick Kafindo, avant d’ajouter : « Ecoutez bien les réalités de notre économie : le taux de bancarisation en RDC est de 7% ; Taux d’utilisation du cash 90% ; Cela fait 83% de personnes qui sont en marge du système bancaire et qui utilisent nécessairement le cash pour faire leur transaction financière. Pour preuve, essayez d’aller dans un supermarché et proposer de payer par chèque ou virement pour comprendre ce que je dis. La Banque centrale est consciente et fait le nécessaire pour encadrer la circulation et l’utilisation du cash. Les retraits et les versements de cash au guichet des banques ne sont pas interdits mais encadrés ».
« Tout ce que nous faisons à Afriland First Bank est conforme aux dispositions de la Banque centrale Elle a édicté le 19 juillet 2004 l’instruction n°15 relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme qui a évolué avec des modifications de décembre 2006 et de mai 2020 dans le souci pédagogique, cela pour amener la population à abandonner petit à petit l’utilisation du cash » ajoute-t-il.
La journée se terminera avec des nouvelles perspectives pour Afriland First Bank qui compte sur la nouvelle mutuelle pour venir en aide aux Femmes Congolaises. Même s’il rappelle que la Muffa n’est pas une filiale d’Afriland, et qu’elle est une mutuelle autonome, Patrick Kafindo précise que comme l’indique le nom de notre banque, « nous sommes africains et avons l’obligation de soutenir les couches sociales défavorisées de l‘Afrique pour leur bien-être ». Et le DGA s’insurge contre la fatalité liée à la pauvreté en RDC : « Vous savez pour épargner, il faut juste décider, ce n’est pas un problème de pauvreté. Dès lors que je décide d’épargner 1 Franc sur le 100 que je gagne, je commence à devenir riche. En plus de l’épargne des femmes, la MUFFA a un parrain naturel qu’est la AFriland First Bank CD, nous avons donc l’obligation d’accompagner la MUFFA a avoir le moyen de sa politique avec des lignes de crédit au taux bonifié », dit-il.
Patrick Kafindo est également revenu sur une étrange déclaration qui lui a été attribué par le média français RFI. « Vous êtes allé à la Rawbank, ils vous ont dit qu’ils n’ont pas de compte de Dan Gertler ? » tels auraient été ses propos. Mais au lieu d’y voir une polémique, M. Kafindo explique: « L’évocation de la Rawbank répondait à une question qui a été posée par la journaliste. Grande a été ma surprise de constater que dans le rendu final de cette interview sur le site de RFI, la question de la journaliste et une partie de ma réponse avaient disparu, ce qui a totalement biaisé la logique dans laquelle nous avons échangé« , révèle-t-il . « Ceci dit, je tiens à préciser que notre philosophie groupe nous empêche d’évoquer les confrères. C’est dommage que la manipulation de cette presse ait pu créer une telle confusion« , préside-t-il dans cette conférence de presse qui a duré près d’une heure.
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