Santé Ebola en RDC : le transport des dépouilles, nouveau moteur de la contagion, alerte l’OIM
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Ebola en RDC : le transport des dépouilles, nouveau moteur de la contagion, alerte l’OIM

Riposte contre Ebola dans l'est de la RDC, région divisée par la guerre.

Ebola en RDC : le transport des dépouilles, nouveau moteur de la contagion, alerte l’OIM
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 21 JUILLET 2026 - 04:18 WAT · 3 min de lecture

Ramener un défunt dans son village pour l’y enterrer est, en République démocratique du Congo, un devoir familial. En période d’Ebola, ce geste peut devenir un vecteur de propagation. L’Organisation internationale pour les migrations, l’OIM, a alerté vendredi sur le déplacement des corps de victimes présumées entre différentes zones du pays, une pratique qui risque de porter le virus dans des régions jusque-là épargnées.

Le virus Ebola reste très contagieux après la mort, par contact avec les fluides corporels, ce qui fait des funérailles un moment critique de toute épidémie. Or, selon l’OIM, environ deux tiers des décès surviennent hors des cliniques et des hôpitaux, ce qui rend les enterrements plus difficiles à encadrer. Lors de ses activités de surveillance aux points d’entrée et de passage entre zones de santé, l’agence a intercepté cent cinq corps en cours de transport. « Il n’y a pas eu de passage de corps vers un autre pays, mais nous avons vu beaucoup de passages de corps à l’intérieur du pays », a indiqué Andrew Mbala, de l’OIM. Ces dépouilles ont été orientées vers des équipes chargées de prélèvements, d’enquête, puis d’un enterrement sûr et digne.

Le risque n’est pas théorique. Mbala cite le cas d’un corps déplacé d’une zone à une autre, qui a contribué à des contaminations dans la province de la Tshopo, récemment touchée. « Si nous ne gérons pas bien les corps, si nous n’impliquons pas la communauté, alors il y aura davantage de propagation au sein de la communauté », a-t-il averti. Le directeur régional de l’OIM, Frantz Celestin, a chiffré l’accélération de l’épidémie, « la flambée a augmenté d’environ 70 % en deux semaines, avec une moyenne de plus de quarante nouveaux cas par jour ».

La difficulté tient aussi à la défiance. Les équipes chargées de manipuler les corps et de conduire les enterrements se heurtent à une résistance des communautés, et ont parfois été prises pour cible. « Nous avons vu qu’il existe dans la communauté un élément de résistance pendant les enterrements », a reconnu Andrew Mbala. Cette méfiance recoupe un autre point faible de la riposte relevé par l’OMS, sur cinq contacts identifiés d’un malade, un ne peut toujours pas être suivi, souvent parce que l’insécurité ou la défiance empêche les agents de santé de l’atteindre.

L’épidémie, la dix-septième que connaît la RDC, est due à la souche Bundibugyo, contre laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué. Au 14 juillet, plus de deux mille cas et sept cents décès avaient été enregistrés en RDC et en Ouganda voisin, selon l’OIM. La bataille contre le virus se joue donc autant dans les laboratoires que dans les cortèges funèbres, là où le respect dû aux morts et la sécurité des vivants entrent en tension.

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B
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