Politique L’opposition divisée après le report de la marche du 22 juillet: Kabilistes et Katumbistes attaquent la C64
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L’opposition divisée après le report de la marche du 22 juillet: Kabilistes et Katumbistes attaquent la C64

Le report de la marche du 22 juillet, obtenu par la médiation des Églises, a valu à la C64 ses critiques les plus dures non du pouvoir mais de son propre camp : José Makila, un cadre d'Ensemble, le kabiliste Kabange Numbi. Récit d'une opposition qui se divise sur la méthode.

L’opposition divisée après le report de la marche du 22 juillet: Kabilistes et Katumbistes attaquent la C64
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 21 JUILLET 2026 - 03:11 WAT · 4 min de lecture

Le report de la marche que la Coalition Article 64 avait fixée au 22 juillet à Kinshasa lui a valu ses critiques les plus dures non du camp présidentiel, resté silencieux, mais de son propre bord. Trois voix se sont détachées ce week-end, pour des raisons opposées : José Makila, animateur de sa propre plateforme « Sauvons le Congo » ; un cadre d’Ensemble pour la République, le parti de Moïse Katumbi ; et l’ancien ministre kabiliste Felix Kabange Numbi.

La chronologie éclaire la brouille. La C64 avait d’abord appelé à marcher le 8 juillet, avant de repousser la date au 22. Le 18, la Conférence épiscopale nationale du Congo et l’Église du Christ au Congo ont reçu ses responsables à l’archevêché de Kinshasa et leur ont demandé un nouveau report, au nom du dialogue national que Félix Tshisekedi dit vouloir convoquer. La coalition a cédé, en posant une condition : elle attend la signature de l’ordonnance présidentielle convoquant ce dialogue avant de renoncer tout à fait à la rue.

C’est cette concession qui a mis le feu aux réseaux. José Makila Sumanda, ancien ministre passé à l’opposition et animateur de la plateforme « Sauvons le Congo », y a vu un « recul » et une « profonde désillusion ». Hostile depuis des semaines à la médiation régionale un temps confiée au président burundais Évariste Ndayishimiye, il reproche à la C64 de suspendre une mobilisation contre une simple promesse. Le grief est repris par des commentateurs qui parlent d’« erreur de stratégie » : l’opposition, disent-ils, a rangé sa marche sans rien obtenir en échange. Makila y greffe une revendication de leadership, se présentant comme la seule opposition qui « tient parole ».

La critique est aussi venue de l’intérieur, plus embarrassante. Des propos attribués à un cadre se réclamant d’Ensemble pour la République, le parti de Moïse Katumbi, pourtant l’un des piliers de la C64, ont circulé sur X pour réclamer la dissolution de la coalition, au motif que « plusieurs agendas ne peuvent se concilier ». La plateforme réunit des chefs aux ambitions présidentielles rivales, de Martin Fayulu à Katumbi, et chaque décision commune éprouve cet assemblage.

De l’ancien camp Kabila est venue l’ironie. Felix Kabange Numbi, ex-ministre de la Santé proche du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, a résumé sa lecture sur X : « C64 joue et Tshisekedi gagne. » Il ajoute que la loi référendaire sera « jugée conforme » et promulguée « de fait ». L’affirmation est inexacte. Le 17 juillet, la Cour constitutionnelle s’est déclarée incompétente et n’a pas examiné le fond de la loi, ce qu’elle a elle-même rappelé trois jours plus tard dans une mise au point. Le propos de Kabange est celui d’un adversaire heureux de voir une opposition rivale trébucher, pas un constat de droit.

La C64 conteste avoir capitulé. Reporter, plaide-t-elle, c’est répondre à l’appel des Églises et éprouver la sincérité du pouvoir, la rue restant en réserve si l’ordonnance ne vient pas. Le camp présidentiel n’a pas commenté : quand l’adversaire se querelle seul, il gagne à ne pas s’en mêler.

Reste ce que la séquence met à nu. La coalition s’est formée contre un projet, la révision de la Constitution, mais ses membres ne partagent ni le même tempo ni la même stratégie. Les uns veulent la rue, les autres la table. Tant que la date de la marche approchait, la façade tenait ; le report l’a fissurée. Le 22 juillet ne verra pas de cortège, mais il aura montré une opposition plus prompte à se diviser sur la méthode qu’à s’unir sur l’objectif.

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B
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