Politique Dialogue national : Tshisekedi annonce des mesures de décrispation politique

Dialogue national : Tshisekedi annonce des mesures de décrispation politique

Le président Félix Tshisekedi a annoncé jeudi 27 août à Kinshasa qu'il donnerait instruction au gouvernement de préparer des mesures de confiance et de décrispation politique en vue du Dialogue national. « Un dialogue sincère exige un climat politique serein », a déclaré le chef de l'État.

Le président de la République Démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, lors d'un conseil des ministres — crédit photo: tiers
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 28 AOÛT 2026 - 00:04 WAT · 2 min de lecture

Ces mesures seront engagées « en concertation avec les institutions compétentes et dans le strict respect de la séparation des pouvoirs », a précisé Félix Tshisekedi. Il leur a fixé quatre conditions : être conformes à la législation en vigueur, préserver l’indépendance de la justice, garantir les droits des victimes et tenir compte des impératifs de sécurité nationale.

Le président a dit qu’il veillerait personnellement à réunir « les conditions de sécurité et de confiance nécessaires au retour et à la participation de ceux de nos compatriotes que les épreuves de notre histoire récente ont conduits, pour diverses raisons, à se tenir en marge de l’unité nationale ». Il a également appelé ceux qui « se sont engagés dans des voies contraires à l’idéal national » et souhaitent « se ressaisir » à reprendre leur place dans la communauté nationale.

Une limite encadre cette ouverture. « La paix ne saurait signifier l’impunité », a affirmé le chef de l’État, qui a placé les crimes imprescriptibles hors du champ du compromis politique et fermé le Dialogue aux composantes armées, comme BETO l’a détaillé le 27 août.

La décrispation annoncée relève d’un registre distinct de celui des armes. Elle vise le climat politique intérieur, quand la cessation des hostilités, le désengagement, le cantonnement et le désarmement de l’AFC/M23 restent traités à Doha, où un accord-cadre a été signé le 15 novembre 2025 et une feuille de route arrêtée le 22 août 2026.

Ces mesures s’inscrivent dans un processus limité à trois mois, ouvert par deux ordonnances : la première, attendue « dans les tout prochains jours », instituera le Comité d’organisation du Dialogue ; la seconde le convoquera et créera une Commission préparatoire. Les consultations débuteront dans les 26 provinces avant les assises nationales de Kinshasa.

Félix Tshisekedi a enfin adressé une demande aux acteurs politiques, sociaux, religieux et communautaires : « baisser le ton, renoncer aux discours de haine, proscrire tout appel à la violence, préférer l’argument à l’invective ». Le Dialogue, a-t-il ajouté, ne devra être « ni un marché politique, ni un instrument de repositionnement personnel, ni une tribune de règlement de comptes ».

Aucun calendrier n’a été annoncé le 27 août 2026 pour ces mesures, dont le contenu sera arrêté par le gouvernement.

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B
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