Cent jours plus tard, quelle direction nous indique le nouveau gouverneur de la Banque centrale du Congo ?
Cent jours plus tard, quelle direction nous indique le nouveau gouverneur de la Banque centrale du Congo ?
AFP
Sur fond de dépréciation du franc congolais (CDF) et de perte de pouvoir d’achat des ménages, la République démocratique du Congo a entamé un nouveau chapitre de sa politique monétaire avec la nomination, par Ordonnance présidentielle n° 25/239 du 19 juillet 2025, de M. André Wameso au poste de gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC). Annoncée publiquement et lue à la RTNC le 23 juillet 2025, cette décision a placé la stabilité monétaire et la crédibilité de l’institution au cœur des attentes des acteurs économiques.
Dans le cadre des cent premiers jours de son mandat, le nouveau gouverneur a engagé une série d’actions et de réformes visant à renforcer la stabilité des prix, la supervision financière et la souveraineté monétaire. La présente analyse examine, sous le prisme du cadre légal et des réalités économiques, la mise en œuvre des missions fondamentales de la BCC durant cette période charnière.
Selon la théorie économique, une banque centrale est une institution chargée de conduire la politique monétaire et de préserver la stabilité de la monnaie. La BCC est l’institution clé de la stabilité macroéconomique nationale. Elle doit garantir la confiance dans la monnaie, assurer la solidité du système financier et contribuer à un environnement propice à la croissance économique. En République démocratique du Congo, ces missions sont consacrées par les articles 176 et 177 de la Constitution et précisées dans la loi organique n°18/027 du 13 décembre 2018 portant organisation et fonctionnement de la BCC. Lesdites missions peuvent être résumées en neuf axes constituant la trame de la présente publication : assurer la stabilité des prix, superviser et stabiliser le système financier, conduire une politique de change cohérente, moderniser les systèmes de paiement et promouvoir l’inclusion financière, conseil économique et financier du gouvernement, promotion des marchés monétaires et financiers, indépendance institutionnelle garantie, responsabilité et obligation de rendre compte et enfin gestion fiduciaire et représentation internationale.
- Assurer la stabilité des prix
En théorie économique (Friedman, Barro & Gordon), la maîtrise de l’inflation est essentielle pour préserver le pouvoir d’achat, la confiance et la prévisibilité économique. Ainsi, conformément à l’article 9 de la loi organique n° 18/027 du 13 décembre 2018 portant organisation et fonctionnement de la Banque centrale du Congo (BCC) et à l’article 176 de la Constitution du pays, la stabilité des prix constitue l’objectif central de la BCC.
De son côté, le gouverneur de la BCC, lors de ses quelques interventions dans les médias locaux,reconnaît que la dépréciation du CDF entre 2023 et 2024 a entraîné une perte de pouvoir d’achat de 45 % pour la population. Il décrit les causes techniques de la dépréciation (mauvais calibrage des réserves obligatoires, excès de liquidités, dépenses publiques) et les mesures correctrices : relèvement du taux directeur à 25 %, ajustement du coefficient de réserve obligatoire et injections ciblées de devises. Ce qui place la maîtrise de l’inflation et la stabilisation du CDF au centre de son action.
Pour ce faire, en insistant sur l’utilisation des instruments de politique monétaire (taux directeur, réserves obligatoires, réserves de change) pour maîtriser l’inflation et préserver le pouvoir d’achat, le gouverneur a corrigé un déséquilibre monétaire en ajustant le taux de réserve obligatoire et en injectant temporairement des devises pour stabiliser le CDF.
Les publications quotidiennes récentes (depuis le mois d’octobre 2025) des taux de change par la BCCmontrent une évolution maîtrisée du franc congolais (CDF). Après une phase d’appréciation amorcée fin septembre, la BCC a communiqué avec constance sur la normalisation progressive du taux de change. Entre le 27 octobre (1 USD = 2 221,98 CDF) et le 7 novembre (1 USD = 2 188,36 CDF), le CDF s’est raffermi de manière mesurée, confirmant la tendance à la stabilisation. Cette évolution s’accompagne d’un message central : la stabilité du cadre macroéconomique demeure une priorité de politique monétaire. Ce comportement reflète le fondement premier de l’action monétaire : la stabilité des prix comme condition du pouvoir d’achat et de la confiance. En intervenant sur le marché et en publiant ses taux de référence, la BCC agit pour ancrer les anticipations inflationnistes, assurant la cohérence entre la stabilité du change et celle des prix intérieurs.
Par ailleurs, contrairement à une rumeur qui s’était répandue en fin octobre, la BCC a démenticatégoriquement toute baisse des recettes budgétaires due à l’appréciation du CDF. En effet, d’après elle, les données officielles montrent qu’en octobre 2025, les recettes ont dépassé les prévisions de 1 305,7 milliards de CDF, confirmant que la stabilité monétaire n’a pas nui aux finances publiques. Cela démontre le succès de la mission de stabilité des prix (art. 9 de la loi organique) : une monnaie stable et appréciée peut coexister avec une croissance des recettes publiques, invalidant les craintes d’un conflit entre stabilité monétaire et santé budgétaire.
- Superviser et stabiliser le système financier
Comme le dit Bagehot, une banque centrale doit aussi agir comme prêteur en dernier ressort pour éviter les crises bancaires systémiques. Conformément aux articles 10 et 25 de la loi organique précitée, la BCC exerce le contrôle prudentiel des banques, institutions de microfinance et bureaux de change.
Reconnaissant les fragilités du système bancaire (dépôts courts, faible transformation en crédits) lors de son passage à Makutano Talk 2025, le gouverneur compte remédier à cela. En effet, il se propose de renforcer la supervision prudentielle, d’adapter les normes (instruction 14) aux réalités locales et de sécuriser les dépôts pour restaurer la confiance. En outre, pour lui, les réserves obligatoires doivent jouer le rôle de filet de sécurité et outil de régulation monétaire. Il l’illustre avec le contre-exemple de la cristallisation des réserves en CDF ayant créé une surliquidité, aggravant la dépréciation, et l’action correctrice de la BCC (apaiser les tensions observées sur la demande de devises et éviter des déséquilibres de liquidité dans le système). Ilinsiste sur la solidité du cadre prudentiel : la réserve obligatoire devient un outil de stabilisation, et la coordination entre la politique monétaire et la politique budgétaire est essentielle pour éviter les crises de liquidité.
Les actions suivantes prouvent amplementl’exercice du contrôle prudentiel (art. 10 et 25 de la loi organique) et de la supervision du système financier pour en assurer le bon fonctionnement et la stabilité, protégeant ainsi les consommateurs.
En effet, les récentes interventions de la BCC dans la vente de devises aux banques commerciales (31 octobre – 7 novembre 2025) illustrent une supervision active du marché interbancaire. Ces mesuresconcrétisent le principe de stabilité du système financier, fondé sur la capacité de la BCC à prévenir les chocs de liquidité et les comportements spéculatifs. En assurant une offre ciblée de devises, la BCC protège la continuité du crédit et la solidité du réseau bancaire.
En leur ordonnant de maintenir des guichets ouverts jusqu’à 17h dans son communiqué de presse du 17 octobre 2025, y compris les week-ends, et de s’approvisionner suffisamment en liquidités pour servir les clients en CDF, la BCC démontre l’exercice d’un pouvoir d’injonction sur les banques commercialesdevant s’accompagner des missions de suivi pour vérifier la conformité.
- Conduire une politique de change cohérente
Pour Mundell-Fleming, une banque centrale doit trouver un équilibre entre stabilité du taux de change, autonomie monétaire et liberté des capitaux. La loi organique citée plus haut donne à la BCC la possibilité de conduire une politique de change cohérente. Car, la BCC détient et gère les réserves officielles de change (article 70) et met en œuvre la politique de change (article 69).
La BCC pratique un régime de change flexible supervisé : le marché fixe la valeur du CDF, la BCC n’intervient que pour lisser les fluctuations. Le gouverneur rejette la « dollarisation par habitude » et appelle à restaurer la confiance dans la monnaie nationale.
En quête d’un équilibre entre stabilité du change et autonomie monétaire, le gouverneur a mené une politique de change active pour renforcer le CDF, en combinant injection de devises (50 M USD) et correction des réserves obligatoires. Il prône une transition progressive vers une économie moins dollarisée, sans coercition. Il défend un CDF fort, instrument de souveraineté et d’identité nationale.
Depuis la prise de fonction de l’actuel gouverneur, la BCC mène une politique de change transparente et active. Elle publie quotidiennement les taux indicatifs, intervient par des ventes de devises pour calmer les pressions sur le marché, et explique les fluctuations comme un « rééquilibrage » naturel après une période de forte appréciation. Les taux publiés quotidiennement par la BCC précisent que le marché fonctionne « au gré à gré », selon les lois de l’offre et de la demande. Cette transparence s’accompagne d’un encadrement institutionnel qui vise à orienter les anticipations du marché tout en préservant la flexibilité du régime de change. Les communiqués de la BCC d’octobre expliquent en détail les causes de l’appréciation du CDF: ajustement des réserves obligatoires, effets de change anticipés, et correction des spéculations.
La politique de change de la BCC incarne le principe d’équilibre dynamique : elle laisse s’exprimer les forces du marché tout en assurant une surveillance macroéconomique. Cette approche incarne les articles 69 et 70 de la loi organique. La BCC trouve un équilibre : elle laisse le taux être déterminé par le marché (libre jeu de l’offre et de la demande) mais intervient ponctuellement pour limiter la volatilité. Cette approche traduit une volonté de maturité du cadre congolais de politique monétaire.
- Moderniser les systèmes de paiement et promouvoir l’inclusion financière
Conformément à l’article 71 de la loi organique, la BCC doit promouvoir un système national de paiement sécurisé et efficace. Ce rôle est devenu crucial dans un pays où la bancarisation demeure faible et la monnaie électronique devrait progresser rapidement.
Le gouverneur mise sur la digitalisation pour améliorer l’inclusion financière et accroître les paiements et l’épargne en CDF. Il lie la rareté des petites coupures à l’insuffisance de bancarisation et préconise l’utilisation de la monnaie électronique. Pour lui, la modernisation des paiements est un levier d’inclusion financière, de réduction de la dollarisation informelle et lutte contre la corruption.
La BCC utilise à la fois la réglementation contraignante et des partenariats stratégiques pour moderniser le système de paiement et favoriser l’inclusion financière par la promotion de la monnaie nationale. Elle promeut activement l’usage du CDF et combat la dollarisation en ordonnant aux banques de faciliter les transactions en monnaie nationale comme le montre son communiqué de presse du 17 octobre 2025.
Son communiqué conjoint BCC – Bank Al-Maghrib(3 novembre 2025) met l’accent sur la digitalisation des services financiers, l’usage de la blockchain, et le renforcement des capacités en régulation. Elle engage également une coopération technique avec Bank Al-Maghrib pour la digitalisation des services financiers.Cette orientation traduit une volonté de la BCC de moderniser les infrastructures financières pour soutenir la croissance inclusive.
- Conseil économique et financier du gouvernement
En vertu des articles 27 et 28 de la loi organique, la BCC émet des avis consultatifs sur les projets économiques et financiers de l’État. Elle collecte également des données statistiques et élabore la balance des paiements (article 29).
Dans l’une de ses intervention médiatiques, le gouverneur a réaffirmé que la BCC agit comme banque du gouvernement, en encadrant les dépenses d’urgence et en assurant la transparence des opérations.
La BCC joue son rôle d’interface technique entre le gouvernement et les marchés, apportant un avis fondé sur la rigueur et la stabilité macroéconomique. Pour preuve, son gouverneur relaie auprès du gouvernement des propositions structurelles portant sur la réforme fiscale, la fin des saisies intempestives des fonds par l’appareil judiciaire et fiscal, la création de fonds de pension, etc. Il joue un rôle de conseiller technique et d’alerte comme il l’a rapporté lui-même lors du MakutanoTalk 2025.
Face aux rumeurs relatives à une prétendue baisse des recettes publiques, la BCC a publié un communiqué chiffré et analytique (4 novembre 2025) pour rétablir les faits. Ce rôle de clarification économique illustre la mission de conseil du gouverneur auprès du gouvernement. En rectifiant les interprétations erronées et en fournissant des données budgétaires fiables, la BCC renforce la cohérence entre la politique monétaire et budgétaire.
- Promotion des marchés monétaires et financiers
La BCC fixe les règles de fonctionnement du marché monétaire et participe au développement des marchés de capitaux (articles 23 et 24). Bien que secondaire par rapport à la stabilité monétaire, ce rôle vise à diversifier les sources de financement de l’économie.
Le gouverneur souhaite que l’épargne congolaise finance l’économie congolaise. Ainsi lors du MakutanoTalk 2025, il a développé une vision stratégique : transformer l’épargne nationale en capital productif via un marché financier structuré et des fonds de pension par capitalisation. Il ambitionne la création d’un marché financier structuré, alimenté par un système de fonds de pension par capitalisation. Il projette la création d’un système de pension par capitalisation libellé en CDF pour financer le crédit à long terme, rendre possiblel’épargne nationale et le crédit en CDF. Ce qui fera de la BCC, à terme, l’architecte du marché financier national, reliant épargne, investissement et souveraineté économique.
Les publications journalières des taux indicatifs et les explications données dans les communiqués contribuent à structurer les attentes du marché et à favoriser la transparence des transactions. La BCC agit ainsi pour le développement d’un marché monétaire plus liquide et mieux informé. En effet, publier ces informations et maintenir un dialogue constant avec le marché favorise la maturation du marché des changes, condition essentielle à la stabilité monétaire et à la crédibilité de la politique économique. Le partenariat entre BCC – Bank Al-Maghrib (du Maroc) inclut également ce volet.
- Indépendance institutionnelle garantie
D’après Kydland & Prescott, l’indépendance d’une banque centrale protège la politique monétaire contre les influences politiques à court terme. En ce qui concerne la BCC, cette indépendance est garantie par l’article 177 de la Constitution et l’article 4 de la loi organique.
Le gouverneur, lors de son passage dans l’émission « Fauteuil blanc », a fortement insisté sur la neutralité apolitique de son mandat : la BCC sert toute la population, sans distinction politique. Par ces mots, il prend une posture en droite ligne avec l’article 177 de la Constitution pour affirmer haut et fort son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et son attachement à une gestion technique et rigoureuse de la politique monétaire.
Bien que non explicitement revendiquée, l’indépendance opérationnelle de la BCC transparaît dans ses décisions techniques (taux directeur, réserves obligatoires) prises sans ingérence politique.
Par son ton affirmé dans le communiqué du 4 novembre 2025, la BCC défend son indépendance technique et informationnelle. Elle réfute les allégations infondées circulant sur les réseaux sociaux et affirme sa compétence exclusive dans la communication macroéconomique. Cette capacité d’action et de communication indépendante est la marque de l’indépendance opérationnelle. Cette posture institutionnelle illustre la neutralité économique et la protection du mandat de la BCC contre les pressions extérieures. L’indépendance n’est pas seulement juridique, elle se manifeste ici dans la capacité de la BCC à produire et défendre la vérité économique.
- Responsabilité et obligation de rendre compte
En contrepartie de son indépendance, la BCC doit assurer la transparence et la reddition de comptes (articles 81 à 83).
Lors de son passage dans l’émission « Fauteuil blanc », le gouverneur s’est engagé à renforcer la transparence et la communication de la BCC : publication régulière de données, site web modernisé, communication proactive.Il prône une communication transparente, notamment sur les interventions de change et les décisions monétaires, rompant avec l’opacité antérieure. Malgré les attaques subies par la BCC et lui-même dans les différents média nationaux, le gouverneur communique publiquement sur ses actions, explique les causes de la dépréciation et les mesures correctives, et a su imposerune communication institutionnelle de la BCC à une fréquence quotidienne.
Ainsi, depuis la prise de fonction de son actuel gouverneur, la BCC use d’un mode de communication pédagogique : ses communiqués expliquent les causes des variations du taux de change et détaillent leurs impacts sur l’économie réelle. La fréquence et la clarté de ces publications traduisent une volonté de transparence. Cette démarche relève de la responsabilité publique. La BCC n’agit pas dans le secret : elle explique, justifie et assume ses interventions, ce qui renforce la légitimité sociale de son action. Cette pratique intensive de la communication et de la transparence est la contrepartie directe de son indépendance, comme l’exigent les articles 81 à 83 de la loi organique sur l’obligation de rendre compte.
- Gestion fiduciaire et représentation internationale
La BCC agit comme gardienne des fonds publics (article 26) et représente le pays auprès des institutions financières internationales (FMI, BRI, etc.).
Lors de ses multiples interventions publiques, le gouverneur souligne que la BCC détient plus de 7 milliards USD de réserves et agit comme gardienne de la confiance monétaire. Ce rôle fiduciaire et international ancre la BCC dans le réseau mondial des banques centrales, conformément à l’article 26 de la loi organique, tout en affirmant la souveraineté monétaire congolaise. En outre, le gouverneur a annoncé son intention de reconstituer les réserves d’or de la BCC et de renforcer la présence du pays dans les instances financières internationales.
La BCC gère activement les réserves de change, qu’elle utilise pour intervenir sur le marché. Elle représente également le pays sur la scène internationale, comme en témoigne le partenariat stratégique signé avec Bank Al-Maghrib (Maroc).
L’action de la BCC sous cette nouvelle gouvernance jette ainsi les bases d’une souveraineté monétaire retrouvée, condition essentielle pour une croissance économique inclusive et durable en République démocratique du Congo.
Conclusion
Les cent premiers jours du mandat du Gouverneur André Wameso à la tête de la BCC ont marqué un tournant décisif dans la conduite de la politique monétaire. À travers une action résolue articulée autour des neuf missions fondamentales de l’institution, une nouvelle dynamique de stabilité et de transparence a été instaurée. La stabilisation du CDF, le renforcement de la supervision financière, la mise en œuvre d’une politique de change cohérente et les avancées en matière d’inclusion financière démontrent une approche globale et structurée.
L’opérationnalisation de l’indépendance institutionnelle, couplée à une obligation de rendre compte rigoureuse, a redonné de la crédibilité à la BCC et renforcé la confiance des acteurs économiques. Les interventions fondées sur des données techniques et communiquées avec pédagogie illustrent cette volonté de rupture avec les pratiques d’opacité.
Si les premiers résultats sont encourageants – avec une appréciation maîtrisée du CDF et un système financier plus résilient –, le défi reste de pérenniser ces acquis dans un environnement économique mondial volatile. La réussite de cette transition vers une monnaie nationale forte et une économie moins dollariséedépendra de la persévérance dans l’application des réformes engagées et de la consolidation du cadre de coordination entre politiques monétaire et budgétaire.
Patrick Bomboto
