RDC-Ouzbékistan : comment Desabre a gagné sa seconde mi-temps
Mené et dominé une mi-temps, Desabre a renversé l'Ouzbékistan en vidant son banc : Mayele en pointe, triple changement, et trois buts en seconde période. Anatomie d'un coaching gagnant.
RDC-Ouzbékistan : comment Desabre a gagné sa seconde mi-temps
AFP
Pendant quarante-cinq minutes, le plan de Sébastien Desabre n’a pas pris. Aligné d’entrée avec deux pointes, Cédric Bakambu et Yoane Wissa, soutenus par Brian Cipenga et Nathanaël Mbuku, le onze offensif voulu par le sélectionneur s’est heurté à un bloc ouzbek bas et compact. La RD Congo a eu le ballon, près de 60 % de possession, mais sans tranchant. Pire : sur l’une des premières accélérations adverses, Eldor Shomurodov ouvrait le score dès la dixième minute. « C’est très difficile de marquer des buts parce que les équipes sont bien organisées », avait prévenu Desabre pendant la phase de groupes. La première période lui donnait raison, à ses dépens.
À la pause, menés et longtemps dominés, les Léopards rentraient au vestiaire avec un problème simple : trop de joueurs dans l’axe, pas assez de mouvement pour fixer et déséquilibrer. Le but de Mbuku, refusé par la VAR, avait au moins prouvé qu’une faille existait. Restait à l’ouvrir.
Le premier levier est tombé dès la 51e : Fiston Mayele à la place de Bakambu. Là où Bakambu cherchait le ballon dans les pieds, Mayele a attaqué la profondeur et la dernière ligne ouzbèke, soudain obligée de reculer. La RD Congo a aussitôt gagné des mètres. À la 60e, un penalty obtenu sur cette pression ; Wissa égalisait dans la foulée.
Le second coup de poker est venu peu après, vers la 69e : triple changement, Théo Bongonda, Ngal’ayel Mukau et Meschack Elia pour Moutoussamy, Cipenga et Mbuku, soit trois joueurs frais jetés sur les côtés et au cœur du jeu pour achever des Ouzbeks qui, eux, s’épuisaient à défendre leur but depuis le coup d’envoi. Le pari était clair. La largeur retrouvée a étiré le bloc, l’énergie de Mukau a porté le pressing congolais plus haut. C’est dans cette brèche que Mayele a planté le 2-1 à la 77e, puis que Wissa a signé le 3-1.
Le pari n’allait pas de soi. Sortir un buteur d’expérience comme Bakambu, vider son banc en quarante minutes, c’était accepter de tout miser sur l’offensive en sachant qu’un troisième but encaissé aurait tout enterré. Desabre a tranché dans le sens du courage. « La victoire sera nécessaire pour passer », répétait-il depuis le premier tour. Il a coaché en conséquence, quitte à renier son onze de départ.
Derrière, Aaron Wan-Bissaka a verrouillé son couloir jusqu’au bout et Lionel Mpasi a tenu sa cage. Mais la bascule, cette nuit, est partie du banc. En une mi-temps, le sélectionneur a corrigé ce qu’il avait lui-même mal réglé. C’est aussi cela, gagner un match couperet : se tromper, puis se rattraper plus vite que l’adversaire.
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