Santé Ebola : l’ONU demande un centre de traitement dans chacune des seize zones de santé du Nord-Kivu
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Ebola : l’ONU demande un centre de traitement dans chacune des seize zones de santé du Nord-Kivu

En mission à Beni, le Coordonnateur humanitaire des Nations unies Damien Mama demande un centre de traitement Ebola dans chacune des seize zones de santé affectées au Nord-Kivu, et refuse de séparer la riposte de la réponse humanitaire d’ensemble.

Ebola : l’ONU demande un centre de traitement dans chacune des seize zones de santé du Nord-Kivu
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 11 SEPTEMBRE 2026 - 11:14 WAT · 4 min de lecture

Nommé Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies et Coordonnateur humanitaire en République démocratique du Congo, Damien Mama a effectué cette semaine sa première mission à Beni. Il y a trouvé une crise humanitaire adossée à une triple menace : l’insécurité liée aux ADF, les déplacements de populations, et une épidémie de maladie à virus Ebola qui touche seize zones de santé au Nord-Kivu.

Au terme de sa visite, il a tenu un point de presse ce vendredi à la base de la MONUSCO de Madiba-Boikene.

Avant de se rendre sur le terrain, il avait rencontré les autorités judiciaires. Trois sujets au centre des échanges : la surpopulation carcérale, l’impunité des crimes graves et l’accès à la justice pour les femmes et les filles victimes de violences sexuelles.

« Nous avons pu échanger très franchement sur les défis auxquels le système judiciaire est confronté », a-t-il déclaré.

Mangina : « Nous voulons retourner chez nous »

Le temps fort de la mission reste la rencontre avec les populations affectées. À Mangina, dans le territoire de Beni, le coordonnateur s’est rendu sur un site qui abrite environ trois mille personnes ayant fui les attaques des ADF.

Le message des femmes déplacées ne portait pas d’abord sur l’aide.

« Monsieur le Coordonnateur humanitaire, nous vous remercions pour l’aide humanitaire. Mais nous voulons que vous fassiez le plaidoyer auprès des hautes autorités et auprès de la communauté internationale pour que la paix et la sécurité reviennent dans nos communautés parce que nous voulons retourner chez nous. Nous voulons retourner à nos terres et cultiver », ont-elles lancé.

Il s’est également rendu à la cour royale, où vivent des familles autochtones déplacées par les tueries. Les besoins qu’elles ont exprimés sont le logement et l’assistance d’urgence.

Mbau : un fonds humanitaire qui « atteint le dernier kilomètre »

Autre étape, l’aire de santé de Mbau, où un centre de santé géré par l’ONG Première Urgence Internationale bénéficie du fonds humanitaire des Nations unies.

Damien Mama dit avoir été « très touché » par l’effet du projet. La fréquentation du centre est passée de 600 à 1 500 patients par mois, soit le triple, et 258 accouchements sécurisés y ont été réalisés en quatre mois grâce à la gratuité des soins.

« C’est l’occasion de remercier les partenaires qui contribuent à ce fonds. Leur argent est bien utilisé, leur argent atteint le dernier kilomètre, leur argent permet de fournir des soins de santé aux populations qui en ont besoin », a-t-il insisté. Les communautés ont demandé le renouvellement du projet à son expiration.

Ebola : seize zones de santé affectées, une situation « inquiétante »

Impossible d’évoquer Beni sans parler d’Ebola. Le coordonnateur humanitaire a visité le centre de traitement construit et géré par Médecins sans frontières.

« J’ai été très impressionné par les conditions de prise en charge des malades. Ils ont une approche très humaine qui permet de soigner les patients dans la dignité », a-t-il salué.

L’alerte reste entière. Avec seize zones de santé affectées au Nord-Kivu, le dispositif actuel ne suffit pas.

« Il faut que toutes les seize zones de santé aient chacune un centre de traitement. Il faut redoubler d’efforts, accroître les investissements pour mettre fin à la chaîne de transmission le plus rapidement possible », a-t-il plaidé.

Pour lui, la riposte à Ebola ne se sépare pas de la réponse humanitaire d’ensemble. « Une personne qui a faim n’est pas en mesure de respecter les règles de santé publique. Et une maman qui reste à l’hôpital pendant des semaines pour assister son enfant a probablement perdu ses moyens d’existence. Il faut un paquet intégré, une approche holistique », a-t-il conclu.

Isaac Bin-Ngeve

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