Politique Dialogue national en RDC: les sept conditions du camp Kabila
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Dialogue national en RDC: les sept conditions du camp Kabila

Dialogue national en RDC: les sept conditions du camp Kabila
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 2 AOÛT 2026 - 14:09 WAT · 3 min de lecture

Pour participer au dialogue national, le camp de Joseph Kabila fixe la barre très haut. Dans une déclaration publiée le 1er août et signée par Moïse Nyarugabo pour le mouvement « Sauvons la RDC », la plateforme de l’ancien président aligne sept conditions qui, prises ensemble, reviendraient à retirer au chef de l’État tout rôle dans le processus et à en déplacer le cadre hors du pays. Le mouvement, que le Groupe d’experts de l’ONU décrit comme la caution politique de l’AFC/M23, n’a pourtant pas été convié aux assises.

Les premières exigences portent sur le cadre. Le dialogue devrait être conduit par une médiation « neutre, indépendante et impartiale », appuyée par l’Union africaine et l’ONU, se tenir dans un pays tiers, et réunir toutes les parties « sans exclusion ni conditions sélectives ». Le mouvement réclame aussi l’examen « sans tabou » des causes profondes de la crise, avec un ordre du jour arrêté de façon consensuelle, et le caractère « souverain et contraignant » des résolutions.

Deux conditions touchent au cœur du débat institutionnel. Le texte demande le strict respect de la limitation des mandats présidentiels et, surtout, l’abandon préalable du référendum. « Tout projet de référendum visant à modifier ou à remplacer la Constitution doit être définitivement abandonné avant l’ouverture du dialogue », écrit le mouvement, qui y voit le moyen de « dissiper toute suspicion sur l’existence d’un agenda caché ».

La sixième condition est la plus longue. Elle subordonne le dialogue à une série de mesures de décrispation, la fin de « l’instrumentalisation de la justice », la levée des condamnations à mort, la libération de « tous les prisonniers politiques et d’opinion », le retour des exilés et la restitution de leurs passeports, la levée de l’interdiction frappant les partis, « notamment Sauvons la RDC », un accès équitable aux médias publics, et la dissolution de la milice « Force du progrès ». Le mouvement demande enfin un mécanisme de suivi impliquant des instances africaines et internationales.

Le point d’aboutissement vise directement le président. « Monsieur Félix Tshisekedi ne peut pas, en effet, être arbitre et garant d’un processus appelé à réconcilier les Congolais », affirme la déclaration, qui le désigne comme le « premier responsable » de la crise et exige une médiation indépendante. Autrement dit, le camp Kabila conditionne sa venue à un dialogue dont le chef de l’État serait écarté du pilotage.

Plusieurs de ces demandes, comme la décrispation ou une médiation neutre, rejoignent celles de l’opposition classique réunie dans la Coalition Article 64. Mais elles émanent ici d’une plateforme liée, selon l’ONU, à la rébellion armée et à Kigali, et leur portée dépasse un simple aménagement du format. En posant ces conditions à un dialogue dont il est absent, le mouvement de Joseph Kabila fixe des exigences que le pouvoir tiendra difficilement, à commencer par l’abandon du référendum que la Cour constitutionnelle vient précisément de valider.

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B
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