Déploiement de la Force Régionale : L’ONU appelle à une meilleure coordination entre les troupes déployées et la Monusco
Déploiement de la Force Régionale : L’ONU appelle à une meilleure coordination entre les troupes déployées et la Monusco
AFP
L’envoyé spécial de l’ONU dans la région des Grands Lacs, Huang Xia a lors d’une réunion du Conseil de sécurité convoquée mercredi 26 octobre sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la région, exprimé son inquiétude suite à la persistance des activités des groupes armés à l’Est de la RDC, mais a salué les multiples efforts de coopération entre les Etats de la région pour résoudre ce conflit.
Huang Xia a expliqué aux membres du Conseil que, 7 mois après sa dernière intervention, la région est toujours confrontée à l’instabilité, due à l’activisme des groupes armés, qui « constitue un de ses plus grands défis ».
Il a illustré à juste titre, la résurgence du M23, un groupe terroriste qui s’est emparé en juin de la ville de Bunagana, à la frontière de l’Ouganda, et dont les offensives viennent de causer de nouvelles victimes et le déplacement de milliers de civils dans le territoire de Rutshuru.
« La persistance des activités des Forces démocratiques alliées (ADF), des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), de la Résistance pour un Etat de droit (RED Tabara) et du M23, alimente l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo mais ravive également la méfiance et les tensions entre les pays de la région, en particulier entre la RDC et le Rwanda », a-t-il ajouté.
Selon ONU Info, Huang Xia a rappelé que l’exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles continuent d’alimenter le cycle vicieux des affrontements intercommunautaires, des activités des groupes armés ainsi que leur instrumentalisation par les réseaux criminels transfrontaliers. Il a prôné des poursuites rigoureuses des auteurs de ces crimes ainsi que des violations des droits de l’homme commis notamment par les groupes armés, afin de mettre fin à la récurrence de la violence dans la région.
Meilleure coordination entre les troupes déployées et la Monusco
Dans son intervention, Huang Xia a tout de même salué la mobilisation des Etats de la Communautés d’Afrique de l’Est (CAE) pour le processus de paix, évoquant particulièrement le rôle du Kenya dans la tentative de résolution du conflit à l’Est de la RDC, dans lequel les deux pays, la RDC et le Rwanda, s’accusent mutuellement de collusion avec des groupes armés.
L’envoyé spécial a noté l’approche combine des efforts non militaires, comme les deux consultations en avril et mai à Nairobi avec 56 groupes armés et des représentants congolais de la société civile ; et militaires, avec le déploiement d’une force régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est pour dissuader les groupes qui refusent de participer aux pourparlers au Kenya.
Dans cette perspective, il a appelé à une meilleure coordination entre les différentes troupes déployées sur le territoire congolais et la force de maintien de la paix représentée par la Monusco.
En outre, il a encouragé la coordination des efforts de médiation dans la région, menés par le Président Lourenço d’Angola, Président de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), le Président Ndayishimiye du Burundi, Président de la CAE, et les autorités kenyanes. Il a par ailleurs souligné la volonté de dialogue affichée par les deux Présidents de la RDC et du Rwanda, mais appelé aussi à des actions tangibles.
L’envoyé spécial de l’ONU dans la région des Grands Lacs a estimé que la désignation du Coordonnateur du mécanisme de vérification ad hoc constitue une étape encourageante. Ce mécanisme rassemble des experts des différents pays de la CIRGL chargés d’enquêter sur les incidents touchant à la sécurité.
« L’Envoyé spécial a exprimé le souhait que d’autres mécanismes et mesures de renforcement de la confiance prévus par la feuille de route de Luanda signée en 2021 pour la paix en République centrafricaine soient également mis en place rapidement », souligne ONU info.