Masisi : une ONG alerte sur des arrestations et exécutions des civils attribuées à l’AFC/M23
Une dizaine de civils seraient portés disparus à Masisi après des arrestations attribuées à l’AFC/M23, selon l’ASBL CFDD. Une alerte non confirmée à ce stade, sur fond d’exactions documentées par HRW.
Des habitants de Bambo, à 60 kilomètres au nord de Goma, fuient lors de l’attaque de la ville par le M23, le 26 octobre 2023. © ALEXIS HUGUET/AFP
AFP
Une dizaine de civils seraient portés disparus dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, après avoir été arrêtés ces derniers jours par des « présumés cadres » de l’AFC/M23. C’est ce qu’affirme l’ASBL Conscience féminine pour les droits et le développement (CFDD) dans un communiqué du 12 juin, relayé par Radio Okapi. À ce stade, l’information n’a pas été confirmée par les autorités compétentes.
Dans le détail, l’organisation fait état de plusieurs enlèvements et de l’exécution de huit civils dans la nuit du 9 juin, dans le groupement Bukombo, secteur d’Oso Banyungu, dont les corps n’auraient pas été enterrés au moment de l’alerte. Parmi les personnes enlevées figureraient, selon l’ASBL, deux agents locaux d’une organisation médicale internationale. « La CFDD-RDC sollicite l’implication de toutes les instances afin que ces victimes recouvrent pleinement leur liberté et que cesse toute forme d’abus », a déclaré sa coordinatrice, Nadia Nyamushiya.
Ces faits restent, à ce jour, des allégations portées par une seule organisation, sans corroboration indépendante d’une autorité, des Nations unies ou d’une ONG internationale. Sollicitée par d’autres médias sur des cas similaires, l’AFC/M23 n’a pas réagi à cette alerte précise. Le mouvement, comme le Rwanda, rejette de longue date les accusations d’exactions visant ses combattants dans les zones qu’il contrôle.
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L’alerte s’inscrit toutefois dans un schéma désormais documenté. Le 10 juin, Human Rights Watch a publié un rapport de 87 pages accusant le M23 et les forces rwandaises de détentions arbitraires, de meurtres et de recrutements forcés, qualifiés de crimes de guerre et de possibles crimes contre l’humanité. « Le gouvernement rwandais et les dirigeants du M23 ont longtemps rejeté les allégations d’abus, mais n’ont pas mené d’enquêtes », y relève l’organisation (communiqué HRW).
Le contexte humanitaire, lui, n’est pas contesté. Le Nord-Kivu comptait plus de 1,27 million de déplacés internes au premier trimestre 2026, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, dont près de 40 000 personnes ayant fui en mars les zones entre Masisi et Walikale. La crise sécuritaire a aussi forcé la fermeture d’une trentaine d’écoles à Masisi, et les combats entre Wazalendo et AFC/M23 y ont repris ces derniers jours.
Sur ce terrain tenu par la rébellion, où l’accès humanitaire et journalistique est restreint, la vérification indépendante reste difficile, et c’est précisément ce qui rend les appels d’organisations locales comme la CFDD à la fois précieux et fragiles.