Devant le Conseil de sécurité, la France exige un cessez-le-feu en RDC et condamne l’attaque de Kisangani
L’ambassadeur Jérôme Bonnafont a réclamé un cessez-le-feu effectif, condamné l’offensive de l’AFC/M23 sur l’aéroport de Kisangani et l’attaque de drone visant un agent de l’UNICEF à Goma, et annoncé une aide française face à Ebola.
United Nations Security Council members vote on a resolution about Yemen's security at UN Headquarters in the Manhattan borough of New York City, New York, U.S., December 21, 2018. REUTERS/Carlo Allegri
AFP
Le représentant de la France au Conseil de sécurité, l’ambassadeur Jérôme Bonnafont, a articulé le vendredi 26 juin l’intervention de Paris sur la RDC autour de trois exigences : un cessez-le-feu, le respect par les parties de leurs obligations et le soutien à la MONUSCO.
Sur la sécurité, le diplomate s’est inquiété de la multiplication des attaques de drones, citant le cas d’un agent de l’UNICEF visé à Goma, et a réclamé « la transparence sur les responsabilités » de cette frappe. Il a condamné l’offensive de l’AFC/M23 contre l’aéroport de Kisangani, à 400 kilomètres des lignes de front, une escalade qui traduit selon lui l’absence de volonté réelle de cessez-le-feu.
« La continuation des combats menace la population. Un cessez-le-feu effectif est essentiel pour donner une chance à la paix », a déclaré Bonnafont.
Sur le plan humanitaire, il a évoqué la résurgence de l’épidémie d’Ebola et annoncé une aide d’urgence française aux côtés de l’OMS et des agences humanitaires, faisant de la réouverture de l’aéroport de Goma aux vols humanitaires une « priorité absolue ».
Sur le fond, la France a rappelé les obligations fixées par la résolution 2773 du Conseil de sécurité : cessation immédiate des hostilités, retrait des forces étrangères, fin du soutien au M23 et neutralisation effective des FDLR par la RDC. « La souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC sont non négociables », a affirmé Bonnafont, liant une solution durable à l’arrêt des discours de haine, à l’avancement du dialogue national congolais et à la fin du pillage des ressources naturelles.
« Il n’y a pas de solution militaire à ce conflit », a conclu l’ambassadeur, appelant le Conseil à utiliser « tous ses outils », y compris le régime de sanctions actuellement en cours de renouvellement, pour rétablir la paix dans la région des Grands Lacs.
