Présidence Dialogue national en RDC: Félix Tshisekedi va-t-il capituler face à l’ultimatum de l’opposition?

Dialogue national en RDC: Félix Tshisekedi va-t-il capituler face à l’ultimatum de l’opposition?

Dialogue national en RDC: Félix Tshisekedi va-t-il capituler face à l’ultimatum de l’opposition?
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 7 AOÛT 2026 - 01:19 WAT · 6 min de lecture

Le 17 juillet 2026, à la Cité de l’Union africaine, Félix Tshisekedi a reçu les représentants des principales confessions religieuses. À l’issue de l’audience, l’annonce d’un dialogue national inclusif n’est pas venue du chef de l’État. Elle est venue du cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, qui parlait au nom de la délégation religieuse. « Nous nous réjouissons de cette annonce et exprimons notre gratitude au Chef de l’État », déclare-t-il ce jour-là, selon Radio Okapi. Les termes ainsi rapportés décrivent un « dialogue national inclusif, apaisé et résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale dans le respect des institutions et de la Constitution ».

Au 6 août 2026, aucune ordonnance de convocation de ces assises ne figure parmi les textes publiés par la présidence de la République. Ni Radio Okapi ni l’ACP n’ont rapporté la signature d’un tel acte depuis le 17 juillet. Neuf jours séparent cette date du 15 août 2026, échéance fixée au pouvoir par la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel.

Cinq signatures au bas d’un communiqué

Le sigle renvoie à l’article 64 de la Constitution du 18 février 2006, qui fait devoir à tout Congolais « de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ». La coalition a été lancée le 19 mai 2026 à Kinshasa. Elle n’a pas de chef unique. Ses communiqués portent cinq signatures de présidents de parti, à égalité : Martin Fayulu pour l’ECiDé, Jean-Marc Kabund pour l’A.Ch, Moïse Katumbi pour ENSEMBLE, Augustin Matata pour le LGD, Delly Sesanga pour ENVOL. Elle délibère en Conférence des présidents, réunie le samedi 18 et le lundi 20 juillet 2026.

De ces deux réunions est sorti un communiqué de deux pages et dix points numérotés, daté de Kinshasa le 20 juillet. La coalition y indique avoir décidé, « dans l’intérêt supérieur de la Nation et fidèle à son engagement constant en faveur d’une résolution pacifique de la crise, de reporter la marche pacifique initialement prévue le 22 juillet 2026 ». Cette marche avait été notifiée aux autorités depuis le 6 juillet, itinéraires compris, comme l’écrit un précédent communiqué des mêmes signataires daté du 16 juillet, qui relevait aussi « l’annonce de contre manifestations et d’activités organisées par le pouvoir à la même date ». Ses auteurs présentent ce report comme « un geste de responsabilité ». Cette décision, écrivent-ils, « ne saurait être interprétée comme un renoncement à la défense de l’ordre constitutionnel ni comme un affaiblissement de sa détermination ».

Le texte énumère ensuite ce que la coalition demande. Elle demande que le dialogue « soit officiellement convoqué dans les plus brefs délais », et énumère au point 3 les six objets qu’elle veut y voir traités, de l’agression extérieure aux réformes nécessaires à la réunification du territoire national. Elle exige aussi des mesures de confiance et de décrispation, puis des actes conformes aux engagements publiquement annoncés. Le point 8 du texte indique : « La responsabilité de la suite du processus repose désormais sur Felix Tshisekedi et son régime ». Le point 9 maintient ses structures « en état de mobilisation et d’alerte maximale ».

Vient le point 10, celui qui fixe le terme. « Si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué au plus tard le 15 août 2026, ou si les engagements annoncés demeurent sans traduction concrète, la Coalition en tirera toutes les conséquences politiques et appellera le peuple congolais, dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République, à reprendre les actions citoyennes pacifiques nécessaires à la défense de l’ordre constitutionnel, de la démocratie, de l’État de droit et de l’avenir de la Nation », écrivent les cinq signataires.

Le 20 juillet, Prince Epenge, porte-parole de Lamuka, membre de la C64, précise l’attente. « Nous laissons à nos pères spirituels jusqu’au 15 août. Il faut que, d’ici au 15 août, le dialogue soit convoqué et que nous nous retrouvions autour d’une même table pour réconcilier les Congolais et tracer la voie du retour à la paix dans notre pays », déclare-t-il, selon Radio Okapi.

Le 18 juillet, la CENCO et l’ECC, représentées par le cardinal Ambongo et le révérend président André Bokundoa, avaient invité la coalition à donner une chance au dialogue. Celle-ci répond à cet appel au point 5 de son communiqué et écrit, au point 8, agir « fort du crédit moral des pères de l’église ».

Hors de la coalition, d’autres formations ont réagi. Ferdinand Kambere, haut cadre du PPRD, déclare espérer, le 18 juillet et selon Radio Okapi, que le chef de l’État a entendu les cris du peuple et de l’opposition, « pour que les Congolais se mettent sur la même table et parlent sans tabou, parlent sans conditions ». Le même jour, selon Radio Okapi, le PPRD dit rester vigilant sur les conditions qui pourraient être fixées dans l’ordonnance présidentielle convoquant les assises. Le PPRD ne figure pas parmi les signataires des communiqués de la C64.

Deux formulations de l’annonce coexistent depuis le 17 juillet. Celle rapportée par le cardinal Ambongo à l’issue de l’audience, et celle que la C64 attribue, dans son communiqué du 20 juillet, à « la Présidence de la République » : « dialogue inclusif, apaisé résolument républicain, dans le respect des institutions et de la Constitution ». Aucune des deux n’a été prononcée publiquement par le chef de l’État.

Reste l’objet de l’échéance. Le communiqué du 20 juillet ne dit pas ce que recouvrent les « conséquences politiques » que la coalition annonce en tirer le 15 août.

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B
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