Partis & Coalitions Le 15 septembre, trois échéances se rejoignent au Palais du Peuple

Le 15 septembre, trois échéances se rejoignent au Palais du Peuple

La Coalition Article 64 appelle à manifester le 15 septembre devant le Palais du Peuple. Le même jour s'ouvre la session budgétaire et expire le délai constitutionnel de dépôt du budget 2027, dont le montant n'est toujours pas public.

Le Palais du peuple à Kinshasa, siège du Parlement de la RDC, au cœur du débat sur le changement de Constitution.

Le 15 septembre, trois échéances se rejoignent au Palais du Peuple
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 4 SEPTEMBRE 2026 - 11:39 WAT · 4 min de lecture

La Coalition Article 64 appelle à manifester le 15 septembre devant le Palais du Peuple, contre le projet de révision constitutionnelle. « Pendant que les Congolais enterrent leurs morts, chôment et subissent la corruption, la seule urgence du pouvoir reste le changement constitutionnel », a déclaré Franklin Tshiamala, secrétaire général du LGD, au nom de la conférence des présidents de la coalition. La date choisie fait converger trois échéances sur le même bâtiment.

Ce que la Constitution place au 15 septembre

Deux des trois échéances sont écrites dans la Constitution. Son article 115 dispose que l’Assemblée nationale et le Sénat tiennent de plein droit deux sessions ordinaires par an, la seconde s’ouvrant le 15 septembre pour se clôturer le 15 décembre. C’est la session budgétaire.

L’article 126 fixe la seconde : le projet de loi de finances de l’année est déposé au bureau de l’Assemblée nationale au plus tard le 15 septembre. Le gouvernement doit donc, ce jour-là, remettre le budget 2027 aux députés.

La troisième échéance est celle de la coalition d’opposition, qui réunit Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Augustin Matata Ponyo. Elle demande que les priorités soient la situation sécuritaire à l’Est, l’épidémie d’Ebola, le chômage et la corruption, et s’oppose à ce qu’elle qualifie d’une volonté d’instaurer un pouvoir à vie.

Le Palais du Peuple est interdit aux manifestations depuis le 1er janvier

Le lieu choisi n’est pas ouvert. Toute manifestation devant le Palais du Peuple est interdite depuis le 1er janvier. La précédente tentative de la coalition, un sit-in prévu le 12 juin, avait été empêchée, et le cortège de Martin Fayulu avait été attaqué à la Gombe. La marche du 22 juillet avait ensuite été reportée par la coalition elle-même, un report que le pasteur Éric Nsenga, porte-parole de l’Église du Christ au Congo, avait qualifié d’acte de grandeur.

Aucune réaction de l’Hôtel de ville de Kinshasa à la déclaration de marche n’a été rendue publique. Le régime juridique applicable est celui de la déclaration préalable, non de l’autorisation, mais la pratique administrative congolaise s’en écarte régulièrement.

Un budget qui doit être déposé sans montant connu

Le troisième terme de l’équation est le plus mesurable. Les consultations sectorielles sur l’avant-projet de loi de finances 2027, ouvertes le 2 septembre au Centre financier de Kinshasa par le vice-Premier ministre du Budget Adolphe Muzito, s’achèvent cette semaine. Les travaux préparatoires étaient annoncés à 90 % d’avancement à la fin août.

Aucun montant global n’a été publié. Nous avons déjà établi que les trois chantiers nationaux appelés à figurer dans ce budget, le dialogue national, la riposte contre Ebola et l’effort de guerre, n’ont fait l’objet d’aucun chiffrage public. Le précédent exercice donne l’ordre de grandeur : le projet de loi de finances 2026 avait été déposé le 15 septembre 2025 à 20,3 milliards de dollars, avant d’être ramené par collectif budgétaire à 50 886 milliards de francs congolais, en baisse de 7,4 %.

Le 15 septembre verra donc, dans le même bâtiment et le même jour, l’ouverture d’une session, le dépôt d’un budget dont le montant n’est pas connu du public à ce jour, et une manifestation contre une révision constitutionnelle dont le texte n’a pas davantage été rendu public.

Ce qui reste à établir

Trois éléments manquent pour lire complètement cette journée. La convocation formelle de la session par les présidents des deux chambres, Vital Kamerhe et Jean-Michel Sama Lukonde, n’a pas été publiée. L’ordre du jour prévisionnel de la session n’est pas connu, et l’on ignore donc si la révision constitutionnelle y figure en toutes lettres. Enfin, l’enveloppe arbitrée du budget 2027 n’a pas été communiquée.

Ces trois documents existent ou existeront avant le 15. Ils décideront de ce que cette date signifie réellement.

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