Présidence RDC : Tout savoir sur l’ordonnance présidentielle qui décidera du dialogue national

RDC : Tout savoir sur l’ordonnance présidentielle qui décidera du dialogue national

Composition, ordre du jour, durée, médiation : tout le dialogue national tiendra dans une ordonnance que le président signera seul. Qui tient le stylo tient la table.

RDC : Tout savoir sur l’ordonnance présidentielle qui décidera du dialogue national
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 20 JUILLET 2026 - 13:54 WAT · 3 min de lecture

On débat déjà de qui viendra et de ce dont on parlera. Mais la première réponse ne sortira ni d’une table ni d’une négociation : elle tiendra dans un document que le président de la République signera seul. Le dialogue national annoncé le 17 juillet par Félix Tshisekedi sera encadré par une ordonnance présidentielle, et c’est ce texte, plus que les déclarations d’intention, qui en dessinera les contours.

Le gouvernement l’a dit sans détour. « Dans les jours qui viennent, il prendra une ordonnance qui fixera les termes et les détails » du dialogue, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, invoquant l’article 69 de la Constitution, qui fait du chef de l’État le garant de la nation. Le texte doit préciser « le cadre, les modalités et les détails de l’organisation » des assises. Autant dire l’essentiel.

Car une ordonnance de convocation n’est pas une formalité : elle est un jeu de leviers. Elle fixe la composition, et donc décide qui est convié et qui ne l’est pas. Elle arrête l’ordre du jour, et donc ce que l’on pourra mettre sur la table et ce qui en sera écarté. Elle fixe la durée, le lieu, le mode de désignation des participants, le mandat des médiateurs. Chacun de ces paramètres oriente, par avance, ce que le dialogue pourra produire. Rédiger la convocation, c’est déjà écrire une partie de la conclusion.

L’asymétrie est là. L’opposition pose des conditions, elle ne rédige pas l’acte. La Coalition Article 64 exige l’abandon du projet de révision constitutionnelle, une décrispation politique et des gestes sur l’Est ; mais ces exigences ne deviendront un ordre du jour que si l’ordonnance les y inscrit. Les Églises, désignées pour la médiation, agiront dans un cadre qu’elles n’auront pas fixé. Le pouvoir, lui, convoque, encadre, et peut borner d’avance le champ des assises : le chef de l’État a répété qu’aucun dialogue ne saurait servir à contourner les institutions ni à défaire ce qui a été voté. La table sera ouverte, mais ses dimensions seront tracées à l’avance.

Rien de neuf, au fond, dans un pays où les grands rendez-vous politiques ont presque toujours été convoqués par en haut, et où la composition des assises a, presque à chaque fois, été contestée dès l’ouverture, précisément parce qu’elle émanait d’un acte du pouvoir. Le dialogue qui s’annonce n’échappe pas à cette matrice : sa légitimité se jouera d’abord sur la main qui l’aura écrit.

C’est pourquoi la vraie bataille, à ce stade, n’est pas encore autour de la table. Elle porte sur le texte qui la construira. Tant que l’ordonnance n’est pas publiée, chacun tente d’en peser le contenu, sachant qu’une fois signée, elle fixera les règles du jeu. Avant la première poignée de main, le dialogue a déjà son architecte, et il n’est pas partagé.

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B
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