Suspension des activités académiques à Goma et Bukavu : l’ESU rejette toute motivation politique
Face aux critiques visant la suspension des activités dans onze établissements de Goma et Bukavu, le secrétaire général à l’ESU, Pacifique Ilosyo Imonano, défend une mesure strictement administrative, destinée à protéger les étudiants, le personnel et la valeur des diplômes.
Suspension des activités académiques à Goma et Bukavu : l’ESU rejette toute motivation politique
AFP
Le secrétaire général à l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Pacifique Ilosyo Imonano, a rejeté toute motivation politique derrière la suspension des activités académiques et para-académiques dans onze établissements situés à Goma et Bukavu, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Cette décision, prise par la ministre de l’ESU à travers l’arrêté du 20 août 2026, a provoqué plusieurs réactions, notamment dans les zones sous occupation du M23. Pour l’administration centrale, certaines critiques reposent cependant sur une interprétation erronée du contenu et de la portée de la mesure.
« Ces mesures sont d’ordre administratif et non politique », a insisté Pacifique Ilosyo Imonano. Selon lui, elles relèvent du devoir du ministère de veiller à la légalité institutionnelle et à la régularité du fonctionnement des établissements universitaires.
Une suspension et non une fermeture
Le secrétaire général précise que l’arrêté suspend notamment les inscriptions, les réinscriptions, les enseignements, les évaluations et les délibérations. Il ne s’agit donc pas d’une fermeture définitive des établissements concernés.
Cette suspension vise, selon lui, à empêcher que des comités de gestion désignés par la rébellion se substituent aux responsables régulièrement nommés par Kinshasa. Une telle situation compromettrait les démarches administratives liées aux numéros matricules, à la mécanisation des agents, à la correction des grades, aux primes et aux frais de fonctionnement.
Pacifique Ilosyo Imonano estime également que le gouvernement ne pouvait rester sans réaction face aux ingérences du M23 dans un domaine relevant de la souveraineté nationale. « Il n’y a pas de politique là-dedans », a-t-il affirmé, rappelant que les enseignements, les évaluations, les délibérations et la délivrance des diplômes sont encadrés par des règles administratives.
Protéger la valeur des diplômes
L’ESU redoute particulièrement la délivrance de titres académiques ne respectant pas les normes nationales. Le format, le contenu, les références et les signataires des diplômes congolais sont réglementés afin de garantir leur reconnaissance en RDC comme à l’étranger.
« La rébellion place nos étudiants qui sont dans ces territoires dans le risque que leurs diplômes ne puissent jamais être reconnus, ni sur le plan national ni sur le plan international », a averti le secrétaire général. Cette situation pourrait compromettre la poursuite des études et l’employabilité des diplômés.
L’administration évoque également des menaces contre la sécurité et les libertés des étudiants, des cas présumés de rançonnement ainsi que des risques d’enrôlement dans des groupes armés. Le départ de certains enseignants pour des raisons sécuritaires fragiliserait, en outre, la continuité des cours et la régularité des cursus.
Pour le ministère, l’arrêté constitue ainsi une réponse « préventive, régulatrice et protectrice », et non une sanction politique contre les étudiants ou les établissements. Sa levée dépendra de la normalisation de la situation sur le terrain et du rétablissement des conditions garantissant la sécurité du personnel, la protection des étudiants et la crédibilité du système universitaire congolais.
Odon Bakumba
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