Ebola : la Belgique envoie un laboratoire mobile à Bunia pour l’essai du vaccin contre Bundibugyo
Un A400M de la Défense belge acheminera à Bunia un laboratoire mobile déployé dans le cadre de B-FAST. Il doit permettre d’analyser les échantillons sur place et d’appuyer l’essai clinique du vaccin contre la souche Bundibugyo, lancé le 23 octobre.
Ebola : la Belgique envoie un laboratoire mobile à Bunia pour l’essai du vaccin contre Bundibugyo
AFP
Face à l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo, la Belgique apporte un appui logistique et scientifique à la recherche sur la souche Bundibugyo. Un laboratoire mobile sera acheminé à Bunia, en Ituri, pour soutenir l’essai clinique lancé le 23 octobre dans la ville, qui cherche à établir l’innocuité et l’efficacité d’un vaccin contre cette souche.
L’annonce a été faite le jeudi 29 octobre 2026 par le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, sur son compte officiel X. L’équipement doit permettre aux chercheurs de travailler sur le terrain, au plus près des populations touchées.
Un A400M de la Défense belge pour acheminer le laboratoire
« Dans le cadre de B-FAST, un avion A400M de notre Défense acheminera un laboratoire mobile à Bunia pour soutenir les essais cliniques visant à développer un vaccin sûr et efficace contre le virus Ebola de Bundibugyo », a écrit Maxime Prévot. « Ce laboratoire permettra aux chercheurs d’analyser des échantillons directement sur place et de faire avancer la recherche, au plus près des populations touchées », a ajouté le ministre. B-FAST est le dispositif belge d’intervention rapide en cas de catastrophe à l’étranger.
Un appui à l’essai clinique ouvert le 23 octobre à Bunia
L’initiative intervient après le lancement, à Bunia, d’une étude clinique de grande ampleur. Elle est coordonnée par l’Institut national de recherche biomédicale et le Global Health Institute de l’Université d’Anvers, avec un consortium international. L’Institut de médecine tropicale d’Anvers dirige les activités de laboratoire et analyse les réponses immunitaires après vaccination.
L’enjeu tient à la souche en cause. Le vaccin déployé jusqu’ici dans la riposte, l’Ervebo, est homologué contre la souche Zaïre et non contre le Bundibugyo, et le comité d’experts de l’Organisation mondiale de la santé a jugé que son efficacité contre cette souche demeure inconnue. Analyser les échantillons à Bunia même, plutôt que de les faire voyager, raccourcit le délai entre le prélèvement et le résultat.
Cinquante ans de coopération scientifique entre Bruxelles et Kinshasa
Le chef de la diplomatie belge a rattaché l’opération à une histoire longue. « Cette opération, menée avec le soutien de l’Union européenne, s’inscrit dans une longue histoire de coopération scientifique entre nos deux pays. Il y a cinquante ans, des chercheurs belges et congolais contribuaient à identifier le virus Ebola. Aujourd’hui, nos institutions de recherche, notamment l’Institut de médecine tropicale et l’Université d’Anvers, poursuivent ce travail main dans la main avec leurs partenaires congolais », a déclaré Maxime Prévot.
Un volet humanitaire en Ituri et dans les Kivu
Au-delà de l’appui scientifique, la Belgique maintient son accompagnement humanitaire et sanitaire. « En parallèle, notre aide humanitaire et notre coopération au développement soutiennent la prévention, la sensibilisation des communautés et le renforcement des services de santé locaux », a précisé le ministre.
Dans sa communication officielle du 29 octobre 2026, le gouvernement belge a confirmé ce soutien à la riposte par l’aide humanitaire, la coopération avec des partenaires multilatéraux, l’agence de développement Enabel et des organisations non gouvernementales belges présentes en Ituri et dans les provinces du Kivu. Ces interventions portent sur la prévention, la communication sur les risques, la mobilisation communautaire et le renforcement des services de santé locaux.
La Belgique n’est pas le premier partenaire à se déplacer sur ce terrain. Le conseiller scientifique en chef du ministère britannique des Affaires étrangères s’était rendu à Bunia en août, dans la plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée en RDC.
Sources : compte X officiel de Maxime Prévot, ministre belge des Affaires étrangères, et communication du gouvernement belge, 29 octobre 2026.
Silas MUNGINDA
À lire aussi
AGORA 2026 : Raïssa Malu appelle à faire de l’éducation un levier pour transformer l’électricité en emplois
AGORA 2026 : Raïssa Malu plaide pour des investissements conjoints dans l’éducation et l’énergie