Santé Ebola : l’Afrique du Sud se prépare à une possible importation depuis la RDC
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Ebola : l’Afrique du Sud se prépare à une possible importation depuis la RDC

Le ministre sud-africain de la Santé, Aaron Motsoaledi, annonce 36 hôpitaux désignés et des comités de préparation face au risque d'importation d'Ebola depuis la RDC, où l'épidémie de Bundibugyo a fait plus de 500 morts. « Une question de temps », prévient le Pr Abdool Karim.

Ebola : l’Afrique du Sud se prépare à une possible importation depuis la RDC
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 7 JUILLET 2026 - 19:11 WAT · 3 min de lecture

L’Afrique du Sud se prépare à l’éventualité d’un cas d’Ebola importé, alors que l’épidémie se poursuit en République démocratique du Congo. Son ministre de la Santé, Aaron Motsoaledi, a annoncé mardi, dans un entretien à la chaîne eNCA, que le gouvernement avait désigné 36 hôpitaux pour prendre en charge d’éventuels malades. « Nous nous préparons en partant du principe que la maladie peut arriver dans n’importe quel pays », a-t-il déclaré.

Le dispositif se veut concret. Sur les 36 établissements retenus, 12 relèvent du secteur privé et 24 du secteur public. Trois comités spécialisés coordonnent des exercices de préparation, mènent des simulations et forment le personnel soignant. « Nous avons sélectionné les hôpitaux qui seront utilisés en cas d’épidémie », a ajouté le ministre.

Cette anticipation répond à la trajectoire de l’épidémie congolaise. La RDC affronte la plus vaste flambée jamais enregistrée de la souche Bundibugyo du virus, avec 1 561 cas confirmés et 506 décès au 5 juillet, selon les autorités sanitaires. Des cas liés ont été signalés dans l’Ouganda voisine. Cette souche, plus rare que le virus Ebola classique, ne dispose ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique, même si des malades reçoivent désormais des thérapies expérimentales dans le cadre d’un essai clinique parrainé par l’Organisation mondiale de la santé dans l’est du pays.

La vigilance sud-africaine tient à sa position de carrefour aérien du continent. Johannesburg est l’une des principales portes d’entrée pour les voyageurs à travers l’Afrique, et des vols quotidiens relient le pays à la RDC. Jusqu’ici, l’Afrique du Sud n’a enregistré aucun cas, grâce à ses mesures de contrôle. Mais le professeur Salim Abdool Karim, spécialiste des maladies infectieuses qui préside un comité consultatif auprès du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, a prévenu que, si l’épidémie congolaise n’était pas maîtrisée, ce ne serait qu’« une question de temps » avant qu’un cas ne soit importé, selon des propos rapportés par le journal Business Day.

La menace dépasse les frontières congolaises. Un premier cas a déjà été détecté en France, chez un médecin de retour de la RDC. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est récemment rendu à Kinshasa pour marquer le soutien de l’Union africaine à la riposte et promettre une assistance de son pays et du bloc continental. Sur le terrain, l’Ituri reste l’épicentre : centres de traitement surchargés, lacunes dans le suivi des contacts et réticences des communautés continuent d’entraver la lutte contre la propagation.

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B
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