Sports Wissa le buteur, Cipenga le foudroyeur : la génération qui a réveillé les Léopards
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Wissa le buteur, Cipenga le foudroyeur : la génération qui a réveillé les Léopards

Wissa le buteur, Cipenga le foudroyeur : la génération qui a réveillé les Léopards
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 16 JUILLET 2026 - 11:35 WAT · 4 min de lecture

Approchez, je vais vous présenter des gens. Pas des stars fabriquées par les agents, non. Des garçons de chez nous qui, en trois semaines d’été, ont mis leurs noms sur la carte du monde. Le vieux Coach en a vu défiler, des générations, des prometteurs qui promettaient surtout de décevoir. Celle-ci, laissez-moi vous dire, celle-ci avait quelque chose dans le ventre.

Yoane Wissa, l’homme qui ne rate pas le train

Commençons par le patron du gang. Yoane Wissa, l’ailier de Brentford, celui que les Anglais croyaient connaître et que le Congo a révélé au monde. Faites le calcul, mes frères, il est simple et il est beau. Sur les quatre buts congolais de ce Mondial, ce garçon en a planté trois. La tête plongeante contre le Portugal, le tout premier but de notre histoire dans une Coupe du monde, sur un centre d’Arthur Masuaku qu’on gardera dans les archives. Puis le doublé contre l’Ouzbékistan, le soir du 3-1, quand les Léopards ont dit au revoir avec panache. Trois buts sur quatre. Dans une équipe, il y a ceux qui espèrent que le ballon arrive, et il y a ceux qui vont le chercher. Wissa, lui, était à la gare avant le train.

Brian Cipenga, le gamin qui a osé viser l’Angleterre

Et puis il y a le foudroyeur. Brian Cipenga, écrivez bien son nom, Cipenga, un ailier formé au Portugal, tout frais signé à Almería, que personne à Kinshasa ne réclamait titulaire il y a six mois. À Atlanta, contre l’Angleterre, dans le grand huis clos des seizièmes de finale, ce petit a fait ce que des vétérans n’osent pas. Dès les premières minutes, angle fermé, pied droit, il a foudroyé le gardien anglais et offert au Congo son premier but en phase à élimination directe d’un Mondial. Le stade a cru rêver. Le vieux Coach a renversé sa Primus. Voilà l’insolence de la jeunesse, mes frères, elle ne sait pas qu’on doit avoir peur des grands, alors elle les vise.

Derrière les buteurs, les hommes de l’ombre

Un but, ça se fête, mais ça se construit à onze. Alors saluons les autres, parce que le foot est une ingratitude qu’il faut corriger. Lionel Mpasi, dans les cages, a livré contre l’Angleterre un de ces matchs de gardien où l’on comprend qu’un homme seul peut retarder une défaite entière. Chancel Mbemba, le capitaine, celui-là qui avait déjà eu les nerfs de transformer le penalty décisif contre le Nigeria au barrage, quand tout le pays retenait sa respiration. Fiston Mayele qui alourdit l’addition contre l’Ouzbékistan. Axel Tuanzebe, le bourreau de la Jamaïque. Chacun a posé sa pierre, et « c’est ce dont chaque joueur rêve », comme disait Tuanzebe, marquer pour ce maillot.

Le verdict du Coach

Ne nous mentons pas, il reste du travail, et j’y reviendrai un autre jour avec ma canne et ma mauvaise humeur. Mais reconnaissons l’essentiel. Cette génération n’est pas un feu de paille de Coupe d’Afrique, allumé un soir et éteint le lendemain. Le sélectionneur Sébastien Desabre l’a résumé à sa manière tranquille, « le football congolais se construit ainsi, on apprend, on continue à progresser ». Wissa a l’âge de porter encore deux campagnes, Cipenga a l’âge de tout apprendre, Mpasi a l’âge de devenir un mur. Le Congo a longtemps exporté ses talents comme on exporte le cobalt, brut, sans en tirer gloire. Cette fois, il les a rassemblés sous un même drapeau et le monde a vu la matière première briller. Retenez ces noms, mes frères. Ce ne sont pas des souvenirs. Ce sont des promesses, et le vieux Coach compte bien être encore là pour les voir tenir.

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B
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