Santé Ebola en RDC : sans ancrage communautaire, la riposte restera vulnérable, avertit un réseau d’ONG
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Ebola en RDC : sans ancrage communautaire, la riposte restera vulnérable, avertit un réseau d’ONG

Un rapport du CONAFOD-RDC alerte : les progrès médicaux ne suffiront pas à vaincre Ebola sans un véritable ancrage communautaire, alors que le bilan officiel atteint 2 344 cas et 930 décès au 18 juillet.

Personnel médical en combinaison de protection dans un centre de traitement Ebola dans l’est de la RDC.

Ebola en RDC : sans ancrage communautaire, la riposte restera vulnérable, avertit un réseau d’ONG
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 21 JUILLET 2026 - 15:01 WAT · 4 min de lecture

Les avancées médicales ne suffiront pas à venir à bout d’Ebola. C’est l’avertissement lancé par le Conseil national des forums des ONG humanitaires de la RDC (CONAFOD-RDC) dans un rapport dont Radio Okapi a obtenu copie le lundi 20 juillet. Un peu plus de deux mois après la déclaration officielle de la dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola dans le pays, la plateforme d’organisations humanitaires estime que la riposte se heurte à une résistance tenace sur le terrain, entretenue par les fausses rumeurs, le refus du suivi des contacts et le maintien d’enterrements clandestins non sécurisés, autant de facteurs qui continuent d’alimenter les chaînes de contamination.

Le constat intervient sur un bilan qui reste lourd. Selon le dernier rapport officiel, arrêté au 18 juillet, l’épidémie totalise 2 344 cas confirmés et 930 décès, soit un taux de létalité proche de 40 %. La veille, le point du ministère de la Communication et des Médias dénombrait 722 patients en isolement ou hospitalisés et 444 personnes déclarées guéries. La riposte se poursuit dans cinq provinces, Haut-Uélé, Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tshopo, l’Ituri demeurant l’épicentre, où se concentre la majorité des cas et des décès.

Pour le CONAFOD-RDC, l’efficacité de la lutte repose sur une confiance que « seules les organisations locales peuvent susciter ». ONG de terrain, associations de femmes et de jeunes, réseaux de survivants d’Ebola : ces acteurs sont, selon le rapport, les premiers à intervenir à l’apparition d’un foyer et les seuls à accompagner durablement les populations après le départ des agences internationales. Leur action reste toutefois bridée par le manque de financements directs. La plateforme propose la création d’un mécanisme, l’« Action locale de lutte contre Ebola », destiné à canaliser des fonds rapidement vers les structures communautaires de base, sans passer par les lourdeurs des grands programmes extérieurs.

Cette méfiance n’est pas propre à l’Est en guerre. À Goma, la riposte se trouve freinée par la défiance d’une partie de la population.

Une riposte qui monte en puissance mais reste sous tension

Les autorités sanitaires mettent en avant leurs progrès. Devant l’Assemblée nationale, le 16 juillet, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a fait état de « plus de 14 laboratoires déployés et des résultats de tests d’Ebola obtenus en 24 heures », signe d’une décentralisation du dépistage. L’Ituri a par ailleurs reçu dix nouvelles ambulances le 18 juillet.

La riposte reste néanmoins fragilisée par des tensions internes. Après la grève des soignants du centre de traitement de Rwampara, à Bunia, mi-juillet, les responsables ont reconnu lors d’un point de presse le 18 juillet des retards dans le paiement des primes, qu’ils attribuent à des difficultés administratives et logistiques et non à un manque de financement. Ils ont annoncé la validation des listes du personnel et la digitalisation des paiements, tout en admettant que l’insécurité et les attaques contre les structures de santé compliquent le travail des équipes.

Aucun vaccin homologué n’existe à ce jour contre la souche Bundibugyo, distincte de la souche Zaïre que cible le vaccin Ervebo. Depuis le 2 juillet, un essai clinique évalue deux traitements, l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir, pour améliorer les chances de survie des malades. Le taux de létalité provisoire se situe dans la fourchette historique de cette souche, comprise entre 30 et 50 %. Sur le plan international, le Canada a annoncé le 19 juillet la fermeture temporaire de ses frontières aux voyageurs ayant séjourné en RDC.

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B
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