Ebola en RDC : les soignants, premières victimes et premières sentinelles de l’épidémie
Le premier mort de la 17e épidémie d'Ebola était un soignant. Près de 80 agents de santé ont depuis été contaminés en RDC, premières victimes et premières sentinelles de la flambée.
Ebola en RDC : les soignants, premières victimes et premières sentinelles de l’épidémie
AFP
C’est par la mort d’un soignant que la 17e épidémie d’Ebola a commencé à se dire. Le premier cas connu de cette flambée, déclarée le 15 mai 2026 dans l’Est de la République démocratique du Congo, est un agent de santé décédé à Bunia entre le 24 et le 27 avril. La mortalité inhabituelle parmi le personnel des structures de l’Ituri a servi de signal d’alerte, avant même que le virus Bundibugyo ne soit identifié au laboratoire.
Depuis, le personnel de santé paie un tribut lourd. Près de 80 soignants ont été contaminés depuis le début de l’épidémie, selon l’Organisation mondiale de la santé, un décompte que l’Institut national de santé publique (INSP) situe à 78. La contamination a d’abord eu lieu dans les hôpitaux eux-mêmes : en déclarant l’urgence de santé publique de portée internationale, le 17 mai, l’OMS a pointé la transmission associée aux soins et une amplification possible en établissement de santé, faute de mesures de lutte anti-infectieuse suffisantes.
Tous les soignants infectés ne sont pas perdus. Fin mai, quatre infirmiers et un employé de laboratoire ont quitté guéris un hôpital de Bunia, premières victoires d’une riposte qui repose sur la détection précoce, l’isolement et les soins de soutien. « C’est une victoire qui mérite d’être célébrée. C’est un message fort qui montre qu’il est possible de se remettre d’Ebola lorsqu’on se fait soigner rapidement dans un établissement de santé spécialisé », a déclaré le docteur Dieudonné Mwamba Kazadi, directeur général de l’INSP.
La souche Bundibugyo, en cause dans cette épidémie, ne dispose d’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique. Le vaccin Ervebo, utilisé lors des flambées précédentes, ne cible que la souche Zaïre. Pour le personnel comme pour les patients, la protection reste donc non pharmaceutique : équipements de protection, hygiène, isolement des cas. Des essais cliniques de traitements candidats, dont deux antiviraux, devaient seulement débuter fin juin.
Le risque ne faiblit pas avec l’expérience. Le 24 juin, un humanitaire de l’ONG ALIMA, qui avait soigné des malades en RDC, a été testé positif à son retour en France. « Ce cas rappelle les risques auxquels sont confrontés les intervenants de première ligne », a réagi le directeur général de l’OMS, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’un point de presse à Genève.
À la menace virale s’ajoute celle des violences. Le 31 mai, des habitants en colère ont mis le feu à une tente de soins, provoquant la fuite de cinq patients. L’OMS évoque une escalade des attaques contre les installations sanitaires, dans une région déjà minée par les groupes armés. Les capacités, elles, ont été démultipliées, de moins de dix à plus de cinq cents lits, de trente à plus de deux mille tests par jour. Mais l’organisation et l’INSP rappellent que la protection des agents de santé, le paiement des primes de risque et la disponibilité des équipements restent des conditions de la riposte, autant que des lits supplémentaires.
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