Santé Quatre points de contrôle Ebola en grève, un vaccin en rupture, des centres à 123 %
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Quatre points de contrôle Ebola en grève, un vaccin en rupture, des centres à 123 %

Le rapport de situation du 7 septembre nomme les fissures du dispositif : quatre points de contrôle de l’Ituri en grève pour non-paiement, Ervebo en rupture à Buta, Nord-Kivu à 123,2 % d’occupation.

Lors de la campagne de vaccination contre Ebola menée par l’OMS, à Mbandaka, en RDC, le 30 mai 2018. © Sam Mednick/AP/SIPA
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 8 SEPTEMBRE 2026 - 12:53 WAT · 4 min de lecture

Quatre points de contrôle sanitaire de l’Ituri sont en grève pour non-paiement. Le vaccin Ervebo est en rupture à Buta. Les centres de traitement du Nord-Kivu sont occupés à 123,2 %. Les trois constats figurent dans le même document, le rapport de situation n° 115 de l’Institut national de santé publique, publié le 7 septembre 2026.

Ils décrivent la même chose sous trois formes : un dispositif de riposte qui cède par ses points d’appui.

Les alertes tombent de 2 144 à 1 406 en deux jours

Le système d’alerte est la première barrière entre l’épidémie et sa diffusion. Il se contracte.

Le 4 septembre, 2 144 alertes ont été enregistrées dans les six provinces affectées, dont 1 955 vérifiées, soit 91,2 %, 399 validées et 222 transférées.

Le 6 septembre, 1 406 alertes ont été enregistrées dans cinq provinces sur six, le Sud-Kivu n’ayant pas rapporté. Sur ce total, 1 159 ont été vérifiées, soit 82,4 %, 215 validées et 99 transférées.

Le nombre de contacts à suivre est passé de 25 500 à 24 479 sur la même période. Le taux de suivi est descendu de 86,0 % à 85,3 %, tout juste au-dessus du seuil de 85 % que le dispositif se fixe.

Quatre points de contrôle en grève, un fermé pour insécurité, deux injoignables

Le document ne se contente pas de constater la baisse. Il en nomme les causes, point par point.

« En Ituri, le PoC d’Avakubi demeure non fonctionnel du fait de l’insécurité, quatre PoC (Nzebi, Galay, Pluto et Bey) sont en grève pour non-paiement et deux (Chamugamba et Pabiri) sont injoignables ; à la Tshopo, seuls 18 des 30 PoC planifiés sont activés », écrit le rapport.

Quatre points d’entrée du Haut-Uélé, à Dusu, Apodo, Aungba et Gossamu, n’ont pas transmis leurs données faute de connexion internet.

La complétude globale des rapports des points d’entrée et de contrôle s’établit à 76,2 %. Elle tombe à 34,6 % au Bas-Uélé, où neuf rapports ont été transmis sur vingt-six attendus, à 55,5 % au Sud-Kivu et à 64 % au Haut-Uélé.

Ce jour-là, 252 682 personnes sont passées par ces points.

Le suivi des contacts par province

  • Ituri : 87,0 %.
  • Nord-Kivu : 85,4 %.
  • Haut-Uélé : 76,1 %.
  • Bas-Uélé : 70,4 %.
  • Tshopo : 59,1 %.

Le rapport nomme la cause pour la province la plus récemment touchée : « Insuffisance des équipes dédiées aux activités de surveillance et plus particulièrement au suivi des contacts dans la province du Bas Uélé bien qu’on note une amélioration. »

La vaccination suspendue au Bas-Uélé

« La vaccination avec le vaccin ERVEBO demeure suspendue au Bas-Uélé du fait de la rupture de stock à Buta ; l’encodage dans DHIS2 se poursuit », écrit le même document.

Le rapport signale aussi l’absence de micro-plans de vaccination des personnes contacts dans les six zones de santé prioritaires du Bas-Uélé, à Aketi, Ango, Bili, Buta, Ganga et Viadana, et l’absence de mobilité pour les équipes en stratégie avancée.

Seize contacts à haut risque restent sous prophylaxie dans cette province, dix à Buta et six à Ganga.

Le Bas-Uélé compte quatre cas confirmés et trois décès. C’est la létalité la plus élevée du pays, sur la plus petite base.

Cent vingt-trois pour cent d’occupation au Nord-Kivu

« Faible capacité d’accueil et saturation : au Nord-Kivu, le taux d’occupation global atteint 123,2 % et certains patients continuent à être pris en charge dans des structures non normées », écrit le rapport.

En Ituri, les centres de traitement et de transit de Nizi, Mambasa et Mandima sont saturés côté cas suspects, et 39 malades sont en état critique. Des travaux d’extension sont en cours à Nizi, une construction à Bambu.

Au Bas-Uélé, il n’existe ni centre de traitement, ni centre de transit, ni ambulance.

Les deux autres provinces touchées sont, elles, en sous-occupation : 68 patients pour 128 lits au Haut-Uélé, soit 50,8 %, et 5 patients pour 25 lits à la Tshopo, soit 20 %.

L’ouverture des rings de vaccination et de décontamination en Ituri atteint 21,7 %, soit quinze sur soixante-neuf attendus.

Ce qui n’est pas dit

Le rapport ne donne ni le montant ni l’ancienneté des arriérés dus aux agents des quatre points de contrôle en grève. Il ne donne pas de date de reprise de la vaccination à Buta, ni le niveau du stock national d’Ervebo.

Nous avons rapporté le décompte national au 30 août. Six jours plus tard, le pays comptait 586 cas et 276 décès de plus.

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B
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