Opinion EDITO/ L’armée et la défense qu’il faut à la RDC!
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EDITO/ L’armée et la défense qu’il faut à la RDC!

EDITO/ L’armée et la défense qu’il faut à la RDC!
AFP

Litsani Choukran
Kinshasa - 9 FÉVRIER 2025 - 14:07 WAT · 4 min de lecture
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J’ai longuement échangé avec des compatriotes enracinés dans l’appareil sécuritaire, et malgré tout ce qu’on peut croire, une lueur d’optimisme persiste en moi. Non pas un optimisme aveugle, cette chimère qui console les naïfs, mais celui, solide et rugueux, qui naît de la compréhension des rouages d’une machine enrayée.

Car sur le plan militaire, la solution est presque enfantine dans sa clarté : investir dans l’homme, avant d’investir dans la guerre. Il ne s’agit pas de recruter des soldats comme on ramasse du sable, ni de les jeter sur le champ de bataille avec la froideur d’un comptable alignant des chiffres. Il faut les forger, non pas pour qu’ils se battent seulement, mais pour qu’ils aiment ce pays, qu’ils le considèrent non comme un théâtre de guerre, mais comme une cause sacrée. L’armement ? Il vient ensuite. Le nombre ? Il est secondaire. Ce qui importe, c’est la qualité de l’investissement consenti sur chaque homme en uniforme.

Mais le problème de notre armée n’est pas qu’une question de formation. Il réside également dans la pachydermie administrative de son commandement. Un colosse aux pieds d’argile, où l’on compte plus de 400 généraux, une pléthore de galons distribuant l’illusion du pouvoir, alors que sur le terrain, la coordination s’effondre sous son propre poids. Joseph Kabila, dans sa volonté de réforme, a tenté de structurer ce monstre bureaucratique. Il a posé des bases, indéniablement. Mais les bases ne suffisent pas si l’édifice qu’on construit dessus est fait de paperasse, d’ego et d’incohérence. Le modèle poursuivi est-il le bon? Pourquoi ne pas questionner les fondamentaux: la forme, le fond, la doctrine. Qu’en est-il?

N’ayons pas peur! Il est temps d’oser simplifier, d’abolir ce mille-feuille indigeste : un état-major, des forces d’action directe (terrestre, navale et aérienne), puis des zones militaires bien directement, sans que toute une ribambelle de bureaux cratiques et d’interférences politiques n’interviennent entre Etat-major, Maison militaire ou je ne sais quelle maison. Exit les troupes perdues sous le commandement d’un général et demi pour chaque détachement. Une armée se gagne d’abord en esprit de corps, pas en accumulation de titres ronflants.

Il y aurait tant à dire, mais tout ne se dévoile pas dans l’arène publique, surtout en matière de défense et sécurité. Pourtant, je demeure confiant, non pas parce que le problème est enfin identifié—cela, nous le savons depuis longtemps—mais parce qu’en son sein, une nouvelle génération de jeunes soldats refuse la fatalité. A Goma, ils ont démontré que cette armée, malgré les critiques, n’est pas morte. Ils veulent changer les choses, non pas dans des discours creux, mais dans une volonté pragmatique et patiente.

Nos difficultés actuelles sont réelles, mais derrière elles, des initiatives logiques et réfléchies émergent. Nous ne devons pas perdre la foi. Ce ne sont pas nos forces de défense qui trahissent la nation, mais les politiques, ce maillon faible de notre destin collectif. Leur bureaucratie tatillonne, leurs querelles intestines, leur absence de vision stratégique paralysent la restauration de notre armée. La politique de défense ne doit plus être un vague chapitre dans un rapport oublié, mais un projet minutieusement planifié, pensé, et priorisé.

Mes frères, mes sœurs, cette guerre est un miroir cruel. Elle nous force à voir nos failles, elle révèle les illusions, elle bouscule nos certitudes. Mais elle ouvre aussi les yeux de nos défenseurs. Que cela soit enfin le cas pour nos dirigeants. Continuons de pousser, continuons de nous battre, mais, de grâce, ayons le courage de devenir sérieux!

Litsani Choukran,

Le Fondé.

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