Sports Basket : la RDC bat Madagascar et se qualifie pour le second tour du Mondial FIBA 2027

Basket : la RDC bat Madagascar et se qualifie pour le second tour du Mondial FIBA 2027

À Dakar, les Léopards basketteurs ont dominé Madagascar et validé leur billet pour le second tour des éliminatoires du Mondial 2027. Une qualification arrachée sur fond de primes impayées.

Basket : la RDC bat Madagascar et se qualifie pour le second tour du Mondial FIBA 2027
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 21:46 WAT · 4 min de lecture

Le 2 juillet 2026, au Dakar Arena, l’équipe nationale de basket-ball de la République démocratique du Congo a battu Madagascar quatre-vingt-deux à soixante-deux, lors de la troisième fenêtre des éliminatoires africaines de la Coupe du monde FIBA 2027. Portés par Shekinah Munanga, auteur de vingt-trois points et neuf rebonds, les Léopards ont pris le large en seconde période pour décrocher un succès qui les propulse au second tour de la compétition. Une bouffée d’air pour une sélection qui restait sur un premier rendez-vous mitigé.

Le contexte de cette victoire en dit long sur les conditions de la campagne. Lors de la première fenêtre, disputée en début d’année, la RDC n’avait remporté qu’une rencontre sur trois, battant déjà Madagascar mais s’inclinant nettement face à la Côte d’Ivoire et au Sénégal, les deux cadors du groupe B. À Dakar, les Congolais se présentaient diminués, plusieurs joueurs manquant à l’appel. Le motif est connu, le non-paiement des primes de la fenêtre précédente a pesé sur le moral et sur les présences.

Cette question sociale a occupé la délégation jusque dans les couloirs diplomatiques. Le 29 juin, l’encadrement congolais s’est rendu à l’ambassade de la RDC au Sénégal pour exposer ses difficultés. « Nous avons échangé avec lui sur le moral des joueurs, sur les conditions dans lesquelles nous sommes actuellement à Dakar, et nous lui avons exposé les différentes difficultés auxquelles nous faisons face », a rapporté le secrétaire général de la Fédération de basket-ball du Congo, André Komichelo. La performance sportive s’est donc construite malgré l’intendance, non grâce à elle.

Le sélectionneur national, Michel Perrin, avait posé le cap dès la reprise, en misant sur la continuité plutôt que sur les regrets. « Ce n’est pas l’effectif que nous avions autrefois, mais l’essentiel reste l’amour que j’ai pour le drapeau congolais, ainsi que l’amour des joueurs pour la sélection », déclarait-il en février, avant d’ajouter que le groupe restait « concentré sur le développement et la continuité ». Sa ligne, tenir un collectif jeune et diminué à flot dans un groupe relevé, a trouvé à Dakar une première traduction chiffrée.

Le format de la compétition éclaire la portée de ce résultat. Seize nations africaines disputent cinq fenêtres pour cinq billets vers le Qatar, hôte du Mondial 2027. Au premier tour, réparties en quatre groupes de quatre, les équipes jouent chacune deux fois, et les trois premières de chaque poule accèdent au second tour. En battant Madagascar, dernier de la poule, la RDC s’est assuré une de ces places, aux côtés du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Il n’existe pas de troisième tour, la route s’arrête au second, d’où sortiront les qualifiés.

Reste que la qualification pour le second tour n’est qu’une étape. Les résultats du premier tour y seront conservés, et les douze rescapés, répartis en deux groupes, s’affronteront pour cinq tickets seulement, réservés aux deux premiers de chaque poule et au meilleur troisième. Autrement dit, le plus dur commence, et le déficit accumulé face aux favoris du groupe B pèsera dans la balance. La troisième fenêtre se poursuivait d’ailleurs à Dakar, avec d’autres rencontres au programme du week-end, dont l’issue affinera le classement.

Pour le basket congolais, ce succès vaut surtout par ce qu’il révèle, une sélection capable de gagner à l’économie, quand les primes manquent et que l’effectif se réduit. La vraie ambition, la qualification au Mondial, se jouera plus tard, dans un format qui ne pardonne pas les campagnes bâclées. Mais en attendant, les Léopards ont rappelé une évidence souvent oubliée dans le sport congolais, le talent existe, ce sont les conditions qui manquent. Reste à savoir si la fédération saura, cette fois, payer ce qu’elle doit à ceux qui gagnent pour elle.

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B
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