Religion & Spiritualité Église Kimbanguiste : Vers une réconciliation historique entre les petits-fils de Simon Kimbangu, après 23 ans de discorde

Église Kimbanguiste : Vers une réconciliation historique entre les petits-fils de Simon Kimbangu, après 23 ans de discorde

Église Kimbanguiste : Vers une réconciliation historique entre les petits-fils de Simon Kimbangu, après 23 ans de discorde
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 26 JUILLET 2025 - 10:51 WAT · 3 min de lecture

Vingt-trois ans après leur mise à l’écart de la hiérarchie centrale de l’Église Kimbanguiste, les descendants directs de Charles Kisolokele et Joseph Diangienda — deux des trois fils du prophète Simon Kimbangu — s’apprêtent à fumer le calumet de la paix. Réunis ce vendredi à Kinshasa, Christophe Kisolokele Tusimbana, Charles Diangenda Kisolokele et José Kisolokele Diangenda ont annoncé, lors d’une conférence de presse, leur déplacement imminent à Nkamba, berceau spirituel du Kimbanguisme, pour y rencontrer leur frère aîné, Simon Kimbangu Kiangani, actuel chef spirituel mondial de l’Église.

C’est dans une résidence proche du Palais de la Nation, au cœur de la capitale congolaise, que les trois petits-fils du prophète ont exposé leur démarche.

«Le projet d’aller à Nkamba est né en 2024, lorsque notre frère, papa Simon Kimbangu Kiangani, nous a invités à nous y retrouver le 8 juillet », a expliqué Christophe Kisolokele Tusimbana.

À l’époque, les trois héritiers avaient accueilli favorablement cette main tendue. Mais la rencontre avait été reportée en raison de l’indisponibilité du chef spirituel. Une année plus tard, la décision est prise : ce sera le 29 juillet 2025.

Le choix de cette date est tout sauf fortuit. Elle coïncide avec un souvenir douloureux : l’accident survenu un 29 juillet à Tshela, impliquant papa Joseph Diangienda, figure emblématique de l’Église. Pour ses descendants, cette date symbolisera peut-être une renaissance : celle de l’unité familiale et religieuse, après plus de deux décennies de division.

«Nous voulons reconstruire, rebâtir cette relation en partant d’abord de nos liens de sang. Le reste viendra ensuite. Nous y allons pacifiquement. Nous n’avons jamais contesté le titre de notre frère depuis 23 ans », a insisté Christophe Kisolokele, réfutant toute volonté de remise en cause du leadership de Simon Kimbangu Kiangani.

Dans un esprit de réconciliation, Charles Diangenda Kisolokele s’est dit confiant. Pour lui, malgré la distance géographique et organisationnelle, le lien spirituel n’a jamais été rompu.

«Nous n’étions pas ensemble physiquement, mais spirituellement, nous l’avons toujours été. Dans nos prières quotidiennes, nous avons toujours évoqué notre frère, car l’unité de cette famille est notre cheval de bataille », a-t-il affirmé, convaincu que la rencontre du 29 juillet servira de tremplin pour « arranger les choses » et redonner à l’Église son image d’antan.

De son côté, José Kisolokele Diangenda a tenu à clarifier certains points sensibles, notamment celui lié à l’inhumation à Nkamba de membres de la famille, un sujet délicat au sein de la communauté. Il a assuré que cette question n’était pas à l’ordre du jour.

«Ce voyage est exclusivement consacré à la paix. S’il y a un échange sincère entre nous quatre, les violons s’accorderont naturellement », a-t-il déclaré, tout en rappelant que l’opinion publique, fidèle ou non, attend beaucoup de cette initiative.

« Même dans les familles divisées, il suffit que les petits-fils de Papa Simon Kimbangu se retrouvent, et tout peut changer. Les gens nous observent », a-t-il martelé.

L’unité familiale et spirituelle autour de l’héritage de Simon Kimbangu apparaît ainsi comme le moteur principal de cette démarche. Pour contrer les tentatives de sabotage, les trois représentants des lignées Kisolokele et Diangienda ont dénoncé les discours haineux et les manœuvres de division.

Ils estiment que ceux qui s’opposent à cette dynamique de réconciliation « ignorent totalement la vision du Kimbanguisme, qui repose fondamentalement sur la paix ».

C. Timothée Ézéchiel

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