Martin Fayulu : « Il est préoccupant qu’il faille qu’un chef d’État étranger rappelle aux dirigeants congolais » leurs devoirs
Réagissant aux propos du président burundais Ndayishimiye en visite à Kinshasa, Martin Fayulu juge « préoccupant » qu’un chef d’État étranger doive rappeler aux dirigeants congolais leurs priorités, et dénonce un débat constitutionnel « inutile et dangereux ».
Martin Fayulu : « Il est préoccupant qu’il faille qu’un chef d’État étranger rappelle aux dirigeants congolais » leurs devoirs
AFP
L’opposant Martin Fayulu a réagi, sur son compte X, aux propos tenus par le président burundais Évariste Ndayishimiye lors de sa visite d’État à Kinshasa, les 22 et 23 juin. « Il est préoccupant qu’il faille qu’un chef d’État étranger rappelle aux dirigeants congolais ce qui devrait être au cœur de leur action quotidienne », a écrit le président de l’ECiDé.
Reçu par Félix Tshisekedi, Ndayishimiye avait réaffirmé un engagement commun pour la paix et la stabilité régionale et plaidé pour une coopération renforcée contre les groupes armés étrangers actifs dans l’est de la RDC (Mediacongo). De cette sortie, Fayulu retient une formule : « Lorsqu’un pays est menacé dans son intégrité territoriale, l’unité nationale et la stabilité institutionnelle ne se négocient pas. »
L’opposant dresse la liste des urgences qu’il juge négligées : « Alors qu’une partie de notre territoire est occupée, que des administrations parallèles se substituent progressivement à l’autorité de l’État, que le pays fait face à la menace d’Ebola et que nos populations vivent dans l’insécurité et la précarité, la priorité devrait être de défendre la République et de rassembler la Nation. » À ses yeux, le pays est au contraire « entraîné dans un débat constitutionnel aussi inutile que dangereux ».
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Fayulu rappelle avoir lui-même tenu ce discours au chef de l’État. « Le 5 juin 2025 à Kinshasa puis le 6 février 2026 à Washington, j’ai personnellement rappelé à Mr. Tshisekedi ce double impératif d’unité nationale et de stabilité institutionnelle », affirme-t-il. Et de prévenir : « L’Histoire enseigne que les Nations ne disparaissent pas seulement sous les coups de leurs ennemis. Elles s’affaiblissent aussi lorsque ceux qui les dirigent subordonnent les priorités de la Nation à leurs calculs politiques personnels. »
Le message se referme sur trois mots d’ordre, « unité », « stabilité institutionnelle » et « paix », et un appel : « Il est encore temps de faire les bons choix. Il est encore temps de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. » La sortie intervient alors que la loi sur l’organisation du référendum, qui ouvre la voie à une révision de la Constitution, a été transmise à Tshisekedi pour promulgation.
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