Banques et finances Félix Tshisekedi relance la patrouille financière

Félix Tshisekedi relance la patrouille financière

Félix Tshisekedi relance la patrouille financière
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 10 MARS 2025 - 12:11 WAT · 4 min de lecture

Dans un souci de transparence et de rigueur dans la gestion des finances publiques, le président Félix-Antoine Tshisekedi a ordonné la reprise des missions de contrôle a priori de l’Inspection Générale des Finances (IGF), connues sous le nom de patrouille financière. Cette décision a été prise lors du 34ᵉ Conseil des ministres, tenu le 7 mars 2025 à la Cité de l’Union Africaine.

Ceci a pour vocation de renforcer le contrôle dans la gestion des entreprises et établissements publics, ainsi que des entités territoriales décentralisées (ETD). Le Chef de l’État entend ainsi restaurer une dynamique de surveillance accrue des finances publiques afin d’améliorer la mobilisation des recettes, de garantir une gouvernance plus responsable et d’optimiser l’utilisation des fonds de l’État.

« Le Président de la République a engagé la première ministre, le VPM, ministre de l’intérieur, sécurité, décentralisation et Affaires Coutumières ainsi que les ministères sectoriels concernés exerçant la tutelle des entreprises et établissements publics d’accompagner l’Inspection Générale des Finances dans le cadre de ses missions et de continuer à sensibiliser les gouverneurs des provinces, les responsables des ETDs ainsi que les mandataires publics au professionnalisme et à la responsabilité pour l’atteinte des objectifs poursuivis notamment la bonne gouvernance qui implique la recevabilité et l’amélioration de la mobilisation des recettes », rapporte le compte rendu du conseil des ministres.

La nouvelle orientation donnée à l’IGF privilégie l’encadrement et la surveillance, avec un accent mis sur plusieurs aspects clés de la gestion financière. Parmi les priorités définies figurent notamment les acquisitions immobilières, le paiement des avantages des mandataires publics, la passation et l’exécution des marchés publics, et le respect des obligations fiscales des prestataires.

Un autre point essentiel de cette réforme concerne la maîtrise de la masse salariale. L’IGF a été chargée d’effectuer un état des lieux des engagements financiers récents, en s’assurant que les effectifs des entreprises du portefeuille de l’État respectent les organigrammes validés et que les recrutements ne génèrent pas des charges inutiles pour le Trésor public.

Conscient de l’enjeu de cette réforme, Félix Tshisekedi a réuni, le 4 mars 2025 au Palais de la Nation, les principaux responsables des entreprises et établissements publics. L’objectif de cette rencontre était de les sensibiliser sur l’importance d’une gestion financière rigoureuse, d’une mobilisation accrue des recettes et d’un suivi optimal des politiques publiques.

En outre, une séance de travail a été organisée avec l’Association Nationale des Entreprises Publiques du Congo (ANEP) et les mandataires des institutions concernées.

Cette rencontre visait à définir les modalités pratiques de la mise en œuvre des contrôles, avec une attention particulière portée à huit types de dépenses sensibles : la chaîne de la dépense publique, la mobilisation des recettes, les acquisitions immobilières, les marchés publics, les paiements des fournisseurs, les avantages des mandataires, les soins médicaux et les missions à l’étranger.

Si cette initiative vise à renforcer la transparence et la discipline budgétaire, Félix Tshisekedi a tenu à préciser que ces contrôles ne doivent pas entraver le bon fonctionnement des entreprises publiques et des entités territoriales décentralisées. L’IGF devra donc veiller à ce que la mise en œuvre de ces mesures se fasse de manière efficace, sans bloquer l’activité des institutions concernées.

Cette relance marque un retour des missions de l’IGF, suspendues depuis mai 2024.

Ézéchiel CTM

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