Gestion opaque des fonds publics : le CREFDL pointe des surfacturations dans un projet exécuté par le PNUD
Visite du chantier de l’École Primaire Numéro DINACOPE : 20 54773 à Kintata, territoire de Seke Banza, dans le cadre du Programme de Développement Local des 145 territoires (PDL 145T), sous la supervision de la DINAC – Direction Nationale des Infrastructures Scolaires.
AFP
Un rapport du Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL), publié dimanche 18 mai, met en lumière de graves irrégularités dans la gestion d’un programme d’infrastructures financé par des fonds publics et exécuté notamment par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Selon les conclusions de l’enquête menée dans vingt provinces de la RDC, plusieurs ouvrages ont coûté bien moins de 200.000 dollars si l’on considère leur qualité réelle. Pour le CREFDL, cet écart entre les coûts estimés et la réalité sur le terrain est non seulement injustifiable, mais aussi révélateur d’une mauvaise gestion des fonds alloués.
Valéry Mandianga, coordonnateur du CREFDL, plaide pour un audit approfondi. « Il se dégage un écart important entre le coût estimé par les agences d’exécution et la qualité des ouvrages. Pour les écoles de 120 bancs, il n’est pas question de dépenser au-delà de 30.000 dollars. Or, nous avons entendu sur le terrain que les montants engagés dépassaient largement ce seuil », a-t-il déclaré.
Le rapport révèle également que certaines infrastructures, comme les écoles, pourraient être entièrement équipées avec un budget avoisinant les 11.000 dollars. Le CREFDL s’indigne de la non-conformité de la gestion du programme avec le manuel de procédures en vigueur en République Démocratique du Congo, soulignant des cas de violation manifeste des règles établies.
Plus inquiétant encore, la province du Kasaï enregistre un taux d’exécution de 0 % sur les 99 ouvrages prévus, alors que le délai de six mois imparti pour la réalisation du projet est déjà écoulé.
Pour Mandianga, « le programme doit être repensé. Il ne devrait pas se limiter à un territoire, mais s’élargir en un véritable programme de développement des entités territoriales décentralisées afin de déclencher un développement durable à la base, comme le prévoit le programme du Gouvernement ».
Face à ce constat alarmant, le CREFDL recommande que l’État récupère les fonds alloués au PNUD pour les reverser à la Caisse nationale de péréquation. Objectif : redynamiser cet instrument de redistribution équitable pour un développement local plus transparent et mieux encadré.
Gilbert N.
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